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Le Nouvel Obs avec AFP
Vue aérienne à Kangar, dans le nord de la Malaisie, le 28 novembre. MOHD RASFAN / AFP
Dans les quatre pays, les mêmes images de villes inondées, de populations piégées par les eaux, et de glissements de terrain entraînés par le déluge qui s’abat depuis plusieurs jours. Le bilan des inondations provoquées par des pluies torrentielles en Indonésie, en Thaïlande, en Malaisie et au Sri Lanka s’élève à près de 500 morts ce samedi 29 novembre, selon les derniers chiffres des autorités locales.
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L’agence des catastrophes indonésienne a fait état de plus de 200 morts ; le gouvernement de la Thaïlande a rapporté que 162 personnes ont été tuées dans le sud du pays ; les autorités malaisiennes ont recensé deux victimes. En Indonésie, la province du Sumatra du Nord est la plus endeuillée, avec 116 morts. Dans le Sumatra occidental, le bilan a presque triplé, de 23 à 61 décès, avec « 90 personnes toujours introuvables », selon le porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes régionale, Ilham Wahab. Et dans la province d’Aceh, au moins 35 personnes ont péri. Samedi, les secours s’efforçaient de rallier les zones de l’île de Sumatra les plus gravement touchées.
Colère populaire en Thaïlande
En Thaïlande, « le total des morts dans les sept provinces (concernées) s’établit à 162, dont 126 à Songkhla », la plus durement frappée, a indiqué samedi en conférence de presse le porte-parole du gouvernement, Siripong Angkasakulkiat. Les eaux sont montées jusqu’à trois mètres dans cette région, qui a connu l’un de ses pires épisodes d’inondations de la décennie. Afin de suppléer des morgues surchargées, des camions frigorifiques ont été mobilisés pour entreposer les corps des victimes.
La grogne publique monte en Thaïlande face à la gestion de la situation. Deux responsables locaux ont été suspendus pour manquements présumés. Vendredi, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul s’est rendu dans un refuge du district de Hat Yai, sévèrement touché. « Je dois vraiment présenter mes excuses pour avoir laissé cela se produire alors que je suis au gouvernement », a-t-il dit sur la chaîne AmarinTV. « La prochaine étape est d’éviter que la situation se détériore », a ajouté le dirigeant, expliquant que les opérations de nettoyage dans le district prendraient deux semaines. Le gouvernement a annoncé des compensations s’élevant jusqu’à 62 000 dollars pour les familles endeuillées par ces catastrophes.
En Malaisie voisine, deux personnes ont été tuées par des inondations dans l’Etat de Perlis (nord). La saison de la mousson, qui s’étend généralement de juin à septembre, est souvent synonyme de fortes précipitations dans la région, avec des risques de glissements de terrain et de crues subites. En Indonésie et en Thaïlande, les bilans humains sont parmi les pires de ces dernières années pour des inondations.
Au Sri Lanka, les effets du cyclone Ditwah
Par ailleurs, en Asie du Sud, le président Anura Kumara Dissanayake a déclaré l’état d’urgence au Sri Lanka samedi après une semaine de pluies diluviennes. Le Centre de gestion des catastrophes de l’île a fait état d’un bilan d’au moins 123 morts dans des inondations et des glissements de terrain, avec près de 44 000 déplacés. Plus de 130 personnes sont portées disparues.
Le gouvernement a sollicité une aide internationale et appelé ses ressortissants à l’étranger à faire des dons pour soutenir les près de 500 000 personnes touchées. L’armée a secouru 69 passagers d’un bus, dont un touriste allemand, qui étaient bloqués dans le district d’Anuradhapura, dans le centre-nord de l’île, après une opération de 24 heures impliquant un hélicoptère et des bateaux de la marine.
W. M. Shantha, un passager, a raconté qu’ils avaient été sauvés par trois hommes de la marine qui les avaient aidés à grimper sur le toit d’une maison après avoir attaché des cordes pour leur permettre de traverser les eaux de crue. « Nous avons eu beaucoup de chance, alors que nous étions sur le toit, une partie de celui-ci s’est effondrée (…) trois femmes sont tombées à l’eau, mais elles ont été aidées à remonter sur le toit », a-t-il déclaré aux journalistes à l’hôpital de Nochchiyagama.
Les fortes précipitations ont été apportées par le cyclone Ditwah, qui progresse vers l’Inde. Les pires inondations du siècle au Sri Lanka, en 2003, avaient fait 254 morts. Selon les scientifiques, le changement climatique engendré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs. Pour chaque degré supplémentaire, l’atmosphère peut contenir 7 % d’humidité en plus, avec des retombées hydriques plus lourdes, préviennent les experts.
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