November 29, 2025

Incendie à Hong Kong : pourquoi les échafaudages en bambou sont-ils encore utilisés sur les chantiers ?

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L’incendie à Hong Kong qui a fait au moins 128 morts remet en question l’utilisation des échafaudages en bambou, pratique ancestrale de la région.

C’est le pire incendie qu’ait connu Hong Kong depuis 1948. Sur les images du drame qui a fait au moins 128 morts, des tiges d’échafaudages en bambou consumées chutent les unes après les autres des bâtiments du complexe alors en rénovation, devenus de gigantesques torches.

Utilisé pour sa légèreté et son coût modique, le bambou est une figure incontournable du paysage urbain hongkongais. Mais son implication dans la propagation fulgurante du feu remet vivement son utilisation en cause.

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Une utilisation ancestrale

Les échafaudages en bambou sont une pratique ancestrale en Chine, où ces grandes tiges sont un symbole de grâce et de force morale, explique Le Figaro. Ancré dans la culture et l’artisanat de la région, le savoir-faire associé au bambou est même inscrit au patrimoine culturel immatériel de Hong Kong, région administrative spéciale de Chine.

Cet héritage s’explique aussi par des avantages techniques indéniables. La légèreté du bambou le rend particulièrement maniable, un atout majeur pour naviguer entre les ruelles étroites et les fins gratte-ciel d’une des villes les plus denses au monde. Sans compter que leur prix reste imbattable comparé aux coûteux échafaudages métalliques.

“Cela permet non seulement aux entrepreneurs de proposer des prix compétitifs, mais aussi de maîtriser le coût des travaux courants, le bambou étant facile à trouver localement”, rappelle un expert dans un article de The Conversation. La région compte ainsi encore environ 2500 maîtres échafaudeurs en bambou, selon les chiffres officiels.

Des choix techniques pointés du doigt

Si la cause exacte de l’incendie demeure encore inconnue, les autorités pointent du doigt le rôle des matériaux composant ces échafaudages dans sa propagation rapide. Orientés verticalement, les poteaux de bambou ont offert un vecteur naturel à la montée rapide des flammes. Quant aux filets de plastique censés protéger les passants de chutes de débris, ils auraient vraisemblablement alimenté le brasier.

“Nous avons constaté que, sur les bâtiments, les filets et les bâches, une fois touchés par les flammes, se consumaient bien plus vite qu’ils ne le devraient avec des matériaux aux normes”, a expliqué Chris Tang, le secrétaire à la sécurité de la région. Deux directeurs et un consultant en ingénierie de la société chargée de la rénovation ont été arrêtés dans la nuit.

Vers une interdiction des échafaudages en bambou ?

Face à l’ampleur du désastre, le chef de l’exécutif hongkongais, John Lee, a déclaré à la presse ce jeudi 27 novembre que son gouvernement envisageait maintenant de rendre obligatoire l’utilisation d’échafaudages métalliques.

Une décision qui pourrait concerner plus de 100 chantiers, comme l’assure le numéro deux du gouvernement. Eric Chan juge désormais “impératif d’accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques”, marquant la fin potentielle d’une vieille tradition au profit de la sécurité.

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