Le 19 octobre 2025, un chasseur qui participait à une battue au sanglier s’en est violemment pris à un conducteur handicapé qui venait de renverser son chien. Il lui a asséné plusieurs coups au visage et dégradé son véhicule. Positif à la cocaïne et aux amphétamines, il est jugé en comparution à délai différé vendredi 28 novembre.
Dimanche 19 octobre 2025, en plein milieu d’après-midi. En pleine battue aux sangliers, les chiens des chasseurs traversent la route départementale. Malheureusement, l’un d’eux n’a pas le temps de franchir l’axe de circulation, non loin de l’église d’Espanel, sur la commune de Molières (Tarn-et-Garonne).
Une Peugeot 106, conduite par un homme d’une soixantaine d’années, percute l’animal de plein fouet. Il est aux alentours de 15 heures. Celui-ci part se réfugier dans un bosquet. Affolé, le maître du chien, Anthony, s’approche du véhicule stationné un peu plus loin du point d’impact.
“Je suis handicapé”
Le jeune homme d’une trentaine d’années fulmine. Il s’approche de la voiture, commence par la dégrader en s’en prenant au rétroviseur, avant d’agresser physiquement le conducteur.
Jean-Philippe (le prénom a été modifié) est encore derrière son volant. Il reçoit plusieurs coups au visage. “Je suis handicapé”, lance-t-il à son agresseur pour tenter de le stopper. Durant l’agression, il perd une dent et ses lunettes sont brisées. La scène est authentifiée par plusieurs témoins auditionnés. L’un d’eux entend clairement Jean-Philippe dire à Anthony qu’il est handicapé.
La victime attend les gendarmes en déambulateur
Après les coups assénés au conducteur, Anthony distingue son animal blessé dans un bosquet. Il se rend immédiatement à son chevet et l’embarque en direction d’une clinique vétérinaire à Nègrepelisse. Les gendarmes arrivent sur les lieux après le départ du mis en cause.
Ils recueillent les premières déclarations de la victime, sortie de l’habitacle et soutenue par son déambulateur, après que celle-ci s’est fait examiner par les pompiers. Le médecin légiste lui prescrit finalement un jour d’interruption totale de travail (ITT).
1 gramme de MDMA
Une fois l’animal pris en charge, Anthony revient sur les lieux de l’agression. Il n’y a plus personne. Il se rend en voiture à la brigade territoriale (BT) de Caussade, à qui l’enquête est confiée. Anthony est placé en garde à vue et soumis à un éthylotest qui se révèle négatif. En revanche, les tests d’imprégnation aux stupéfiants reviennent positifs, à la cocaïne et aux amphétamines.
Interrogé à ce sujet, le prévenu indique avoir consommé 1 gramme de MDMA lors d’une fête privée le week-end précédent mais nie avoir ingurgité de la cocaïne et être dépendant à quelconque drogue. Un récit contredit par son père lorsque celui-ci confie à la gendarmerie le fusil de chasse de son fils.
“Mon fils est accro à la cocaïne”
“Mon fils est accro à la cocaïne depuis un an”, confesse le paternel. Celui-ci souhaite d’ailleurs qu’une injonction de soin soit prononcée.
Sur les violences, Anthony avoue avoir frappé Jean-Philippe à plusieurs reprises mais ne se souvient pas avoir entendu que celui-ci se décrivait comme handicapé. “J’ai cru que mon chien était mort, j’ai vu rouge”, reprend-il. Il reconnaît avoir cassé le rétroviseur de la 106.
Déjà suspendu pour infraction aux règles de chasse
Dans le cadre de l’enquête, les gendarmes entendent le président de l’Association communale de chasse agréée (ACCA) de Molières. Il indique que le prévenu “n’est pas un bon élément”. Selon son témoignage, il a déjà été suspendu 2 mois pour une infraction aux règles de chasse.
Autre élément à charge contre Anthony : son passé judiciaire. Il a été condamné, en juillet 2025, à 7 mois de prison avec sursis pour violences conjugales, menaces de mort et atteinte à l’intimité. Il a également écopé d’une amende pour des dégradations.
Placé sous contrôle judiciaire
À l’issue d’une prolongation de garde à vue, Anthony est présenté au magistrat de permanence du parquet de Montauban. Celui-ci le renvoie, le 21 octobre, devant le tribunal judiciaire dans le cadre d’une comparution à délai différé (CDD) le vendredi 28 novembre, pour violences avec ITT de moins de 8 jours sous l’emprise de stupéfiants et en récidive, conduite sous stupéfiants et dégradations.
En l’attente, le prévenu est placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention (JLD) avec interdiction de contact avec la victime, de détenir ou porter une arme ainsi qu’une obligation de soin.

