Plusieurs bâtiments résidentiels du quartier de Wang Fuk Court ont été touchés par un incendie, le 27 novembre 2025 à Hongkong. IMAGO/VERNON YUEN/SIPA
Au moins 75 personnes sont mortes dans l’incendie d’un complexe de gratte-ciel résidentiels qui s’est déclaré mercredi à Hongkong, où les secours continuent ce jeudi 27 novembre d’asperger d’eau les vertigineuses tours calcinées, avec plus de 250 personnes toujours portées disparues. Le président chinois Xi Jinping a exprimé ses condoléances aux victimes, ainsi que le pape Léon XIV, qui a exprimé « sa solidarité spirituelle envers tous ceux qui souffrent », « en particulier les blessés et les familles en deuil ». On fait le point au lendemain du drame.
• Où en est l’incendie ?
L’incendie s’est déclaré mercredi 26 novembre peu avant 8 heures, heure de Paris, dans un complexe immobilier de huit tours d’une trentaine d’étages nommé Wang Fuk Court, situé dans le district de Tai Po, dans le nord de la ville. Selon les autorités, le feu a rapidement gagné sept des huit tours de ce complexe datant de 1983, comprenant 1 984 logements et en cours de rénovation. Le niveau d’alerte 5, le plus élevé, a été déclenché et les soldats du feu ont tenté toute la nuit de circonscrire le brasier.
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Décryptage
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Au lendemain du déclenchement de l’incendie, les flammes intenses touchant quatre des huit immeubles d’habitation ont finalement été éteintes, ont déclaré les secours ce jeudi après-midi, et les incendies dans trois autres étaient sous contrôle. Un seul immeuble du complexe n’a pas été touché.
• Quelles sont les causes de ce feu ?
Les causes de l’incendie, qui a semblé se propager par l’intermédiaire notamment des échafaudages en bambou, n’ont pas encore été établies précisément.
Les investigations pour déterminer les causes de ce sinistre, le pire sur le territoire chinois depuis près de 80 ans, ont commencé selon les autorités, notamment sur le possible rôle de ces échafaudages.
Lors d’une conférence de presse, le numéro deux du gouvernement de Hongkong, Eric Chan, a déclaré qu’il était « impératif d’accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques ». Les policiers cherchent à savoir comment les flammes immenses ont pu se propager entre ces gratte-ciel d’habitation, dans ce territoire réputé parmi les plus densément peuplés au monde. Côté météo, des vents d’environ 14 km/h ont aussi attisé l’incendie et facilité sa propagation d’un bâtiment à l’autre.
• Quel est le bilan ?
Le dernier bilan fait état d’au moins 75 morts et plus de 250 disparus. Parmi les 75 morts figure un pompier de 37 ans. Deux Indonésiens, des employés de maison, figurent aussi parmi les morts, selon leur consulat.
Parmi les personnes hospitalisées, 12 étaient dans un état critique, 29 dans un état grave et 17 stables, selon les autorités ce jeudi soir.
Mais le bilan des morts pourrait encore s’alourdir, le chef de l’exécutif de la ville, John Lee, ayant annoncé ce jeudi 279 personnes portées disparues. Les pompiers ont indiqué plus tard avoir établi un contact avec certaines de ces personnes. Dès l’aube ce jeudi, une chaîne de solidarité de centaines de personnes s’est mise en place spontanément autour du site. « C’est vraiment touchant. L’esprit de Hongkong, c’est que quand quelqu’un est en difficulté, tout le monde lui apporte son soutien », a salué auprès de l’AFP Stone Ngai, 38 ans, l’un des organisateurs d’un poste de secours improvisé.
Les interventions des secours ont jusqu’à présent mobilisé plus de 1 200 personnes, plus de 200 engins anti-incendie et environ 100 ambulances, selon un décompte officiel.
• Une enquête ouverte
« Vu le retentissement immense dans l’opinion, un groupe de travail a été mis place pour lancer une enquête approfondie sur de possibles faits de corruption dans le grand projet de rénovation de Wang Fuk Court à Tai Po », a déclaré la commission indépendante contre la corruption de Hongkong dans un communiqué.
La police a annoncé avoir arrêté trois cadres de l’entreprise en charge des travaux de rénovation, accusés de négligence après que des matériaux inflammables abandonnés ont été retrouvés. Ils sont susceptibles d’être inculpés d’homicide involontaire.
Les façades des tours étaient recouvertes d’échafaudages en bambou – comme il est de tradition à Hongkong – et enveloppés de filets et de bâches en plastique. La police soupçonne que plusieurs de ces matériaux ne répondaient pas aux normes de sécurité incendie.
John Lee a aussi annoncé une inspection de tous les grands chantiers de rénovation de la ville.
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