L’ancien patron de la Fédération française de football était aux responsabilités lorsque les commandos terroristes ont frappé Paris et Saint-Denis.
La colère d’un ancien président oublié. Depuis son départ controversé de la Fédération française de football (FFF) en février 2023, sur fond d’accusations de harcèlement moral et sexuel (plainte finalement classée sans suite), Noël Le Graët reste une figure qui divise. Aujourd’hui, c’est un sentiment d’ingratitude qui le pousse à s’exprimer.
L’ancien président (juin 2011-février 2023) a confié à L’Équipe son vif regret de ne pas avoir été convié aux commémorations en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, organisées par la FFF en marge du match France-Ukraine au Parc des Princes. Un événement auquel François Hollande et Bernard Cazeneuve, figures politiques de l’époque, étaient, eux, présents.
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Manque de “mémoire”
Alors qu’il se dit “étonné et déçu” de l’absence de contact de la part de la Fédération, Noël Le Graët rappelle le rôle crucial qu’il a joué au lendemain du drame qui avait touché le Stade de France.
“Je ne sais pas pourquoi ni qui n’a pas voulu m’inviter” confie le Breton de 83 ans. “J’étais pourtant présent le 13 novembre 2015 en tant que président et j’ai fait pas mal de choses, notamment celle de convaincre les joueurs le lendemain d’aller jouer en Angleterre quatre jours plus tard.”
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Son amertume se transforme en critique directe envers ceux qui ont pris la décision de l’écarter de ces hommages solennels. Le Graët dénonce un manque de reconnaissance criant : “Je ne veux pas polémiquer pour les victimes mais ce n’est pas très intelligent. Les gens n’ont pas beaucoup de mémoire.”
L’ancien dirigeant, qui cite ensuite son bilan (“J’ai passé 12 ans à la Fédération, j’ai suivi pas mal de matches des Bleus et nommé Didier Deschamps”), lie clairement son exclusion à la mémoire sélective du football français.
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Malgré cette nouvelle polémique, Noël Le Graët confirme qu’il n’a pas tiré un trait sur le monde du ballon rond. Il continue d’échanger régulièrement avec des acteurs majeurs comme Vincent Labrune ou Jean-Michel Aulas, et assure suivre de près les résultats des Bleus et de la Ligue 1.

