November 24, 2025

Ruralité 2025 : sentiment d’abandon, dépendance à la voiture… ce que révèle cette vaste étude étude à la veille des municipales

l’essentiel
À quatre mois des élections municipales de 2026, la nouvelle vague du baromètre “Territoires ruraux” de l’Ifop pour Familles rurales révèle une image toujours positive du monde rural mais minée par un sentiment d’abandon croissant, une dégradation de l’accès aux services et des attentes locales renforcées.

À quatre mois des municipales, la quatrième édition du baromètre “Territoires ruraux : perceptions et réalités de vie” de l’Ifop pour Familles rurales, publié mercredi dernier, confirme la solidité de l’attachement des habitants à leur cadre de vie, tout en mettant en évidence une inquiétude croissante quant à l’avenir de leurs territoires.

Les ruraux demeurent massivement satisfaits de vivre dans leur commune – 94 % jugent leur environnement “agréable à vivre”, un niveau stable depuis 2018 – mais cette constance masque un mouvement plus profond : l’idée d’un déclin s’installe et dépasse désormais celle observée il y a sept ans. Plusieurs attributs positifs reculent nettement, notamment l’image d’un monde rural “en renouveau”, “attractif” ou “moderne”. À l’inverse, les perceptions négatives progressent et atteignent des seuils encore jamais observés dans ce baromètre, avec une poussée marquée des notions “d’abandon” et de “déclin”.

Les thèmes jugés prioritaires pour les mois à venir
Les thèmes jugés prioritaires pour les mois à venir
Ifop

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Dans le grand public, la tendance est comparable : l’embellie issue de la période de confinement s’efface, laissant place à un jugement plus réservé. Si l’image reste meilleure qu’en 2018, la hausse des termes négatifs traduit une inquiétude plus large. Fait notable, toutefois, la sécurité s’impose dans cette édition comme un élément décisif d’attractivité, devenue la cinquième raison de s’installer en milieu rural.

Déficit d’accès aux services publics

Le cœur des préoccupations renvoie cependant au déficit d’accès aux services publics, principalement les services de santé. Les ruraux sont 71 % à citer le manque d’infrastructures comme première faiblesse de leur territoire, et 63 % estiment que la situation s’est dégradée au fil des années. L’accès aux soins concentre l’inquiétude de 72 % des habitants qui jugent qu’il s’est détérioré depuis 2018. Cette perception nourrit un sentiment persistant de désengagement de l’État, renforcé par l’écart marqué entre les ruraux et le grand public quant au bénéfice perçu de l’action publique.

Le sentiment que différents éléments ont évolué en zone rurale
Le sentiment que différents éléments ont évolué en zone rurale
Ifop

Malgré ce contexte tendu, l’engagement associatif demeure solide et fortement ancré à l’échelle locale. Plus d’un rural engagé sur deux agit pour dynamiser son territoire, bien plus que pour des causes nationales ou internationales. Les associations d’animation, de protection de l’environnement ou de soutien aux personnes dépendantes arrivent en tête des formes d’engagement.

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Le défi majeur de la mobilité

Sur le plan électoral, la mobilisation demeure élevée : 67 % des ruraux inscrits affirment qu’ils voteraient si les municipales avaient lieu dimanche prochain. Les attentes portent avant tout sur la proximité, la capacité à défendre les intérêts de la commune et le dynamisme. Les priorités de vote restent proches de celles de l’ensemble des Français – santé, sécurité, gestion locale – mais diffèrent dans leur hiérarchisation.

Les enjeux ayant le plus de poids lors du vote aux prochaines élections municipales
Les enjeux ayant le plus de poids lors du vote aux prochaines élections municipales
Ifop

Enfin, la mobilité cristallise un autre défi majeur. La dépendance à la voiture individuelle s’accentue, tandis que l’insatisfaction à l’égard des infrastructures de transport progresse. 38 % des ruraux estiment que le coût de leurs déplacements pèse fortement sur leur pouvoir d’achat, un niveau nettement supérieur à celui observé dans le reste de la population. À l’heure où les élus locaux préparent leurs programmes, ces enseignements dessinent une ruralité attachée à son mode de vie mais exigeante quant au maintien des services essentiels, condition décisive de son attractivité future.

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