Jour de marché mouvementé samedi 22 novembre 2025 à Montauban (Tarn-et-Garonne). Les animations de Noël et les travaux d’aménagement de l’Esplanade des Fontaines ont contraint les commerçants non sédentaires à déménager sur les allées Mortarieu et rue Notre-Dame. Un changement qui a généré des tensions, voire de la colère devant le manque de concertation.
La pilule a du mal à passer. C’est peu de dire que le déplacement du marché de l’esplanade des Fontaines vers les allées Mortarieu mécontente les premiers intéressés : les commerçants non sédentaires qui vendent des vêtements, des chaussures ou encore des sacs à main chaque samedi, à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Julien Estabes, président des marchés de France Tarn-et-Garonne explique : “Je suis là depuis plus de 20 ans, et c’est une particularité de Montauban de séparer les producteurs des non-producteurs. Nous sommes une petite centaine à avoir été déplacés, tout s’est fait dans la précipitation. Le marché est géré par des commissions à la mairie. Au mois de juin il n’y avait pas de projet particulier autre que celui des animations de Noël. Au mois d’octobre, nous avons appris le déplacement définitif. À chaque déplacement, nous perdons au moins 30 à 50 % de notre chiffre d’affaires, le temps que les clients nous retrouvent”.
“Nous sommes installés au milieu du chantier, il n’y a pas de place pour nos camions. Nous sommes dans l’incompréhension” (Julien Estabes, président des Marchés de France de Tarn-et-Garonne).
Pour lui, “les allées Mortarieu et la rue Notre-Dame ne se prêtent pas du tout au marché de plein vent, l’endroit est loin d’être accueillant, les travaux ne sont pas terminés. Nous sommes installés au milieu du chantier, il n’y a pas de place pour nos camions. Nous sommes dans l’incompréhension. Le marché fait vivre le centre-ville, nous avons été mis devant le fait accompli, dans la précipitation. Normalement les places sont réattribuées en fonction de l’ancienneté, là ils n’en ont pas tenu compte. Le périmètre du marché est plus petit, nous avons de fortes réductions de métrage, la configuration des lieux nous met en difficulté au niveau logistique, notamment pour l’entrée et la sortie des camions. Ce matin il y a de fortes tensions”.

Andréa, qui vend des vêtements et du linge de maison, est elle aussi désemparée : “Je suis présente sur le marché tous les samedis depuis 1992 et je n’ai jamais manqué, j’ai essuyé deux cancers mais j’ai continué à travailler. J’ai été avertie de ce déménagement samedi dernier à 13 heures. Je suis allée à la rencontre du placier voyant un attroupement autour de lui, personne n’est venu me voir ou encore moins ne m’a écrit. Je suis en galère, installée dans la rue de la cathédrale (NDLR : il s’agit de la rue Notre-Dame, qui relie la place Foch à la place Franklin-Roosevelt en longeant la façade nord de la cathédrale), je ne vois personne. Il n’y a eu aucune concertation. Nous n’avons aucune date, je ne sais pas si nous pourrons retourner place des Fontaines. Ils auraient prévu de revégétaliser la place, comment voulez-vous que l’on déballe après ? Ils nous balancent d’un côté de l’autre, il a toujours fallu se bagarrer pour avoir une place. Je suis exclue du marché.”
“Ils nous ont dit : Si vous n’êtes pas contents vous partez.”
Corinne, qui a un commerce de lingerie dénonce le deux poids deux mesures avec les métiers de bouche : “Ce que j’ai dit ce matin à l’élue de la mairie c’est que je ne trouve pas normal que les manufacturés (vêtements, chaussures, etc.) aient été obligés de réduire leur stand d’au moins un tiers. Ce que je ne comprends pas, c’est que la nourriture peut garder leur métrage de 12 m et nous, nous sommes obligés de nous tasser. Ils nous ont dit : Si vous n’êtes pas contents vous partez. Au début ce devait être temporaire, on devait revenir sur l’esplanade le 10 janvier… on nous a menti, en fait on restera là. Dans un marché, il faut de la diversité, il faut mélanger les marchands de nourriture avec les manufacturés. Nous sommes obligés de garer les camions au parking, on va en plus payer 10 € et il va falloir que l’on s’organise pour pouvoir remballer. Il faudrait au moins pouvoir garer nos véhicules sur le parvis derrière nous.”
La position de la mairie de Montauban
Dans un communiqué transmis à La Dépêche le lundi 17 novembre 2025, la mairie de Montauban annonçait le déplacement des commerçants non-sédentaires, habituellement installés sur l’esplanade des Fontaines, à compter de ce samedi 22 novembre. On en connaît la raison principale : la 2e tranche du projet “Jardin Tour de ville” qui doit permettre de végétaliser cette esplanade minérale transformée en four à ciel ouvert l’été. Ce projet est connu. Quand les travaux vont démarrer sur l’esplanade, il ne sera plus possible aux vendeurs de vêtements et de chaussures d’ouvrir leurs parasols sur l’esplanade le samedi matin.
Ce site étant aussi occupé chaque fin d’année par les animations de Noël, notamment la patinoire, le marché gourmand et le carrousel, la mairie de Montauban a simplement anticipé en organisant le déplacement du marché dès la fin novembre, sachant que l’inauguration des illuminations de Noël et de la “forêt magique” qui a commencé à verdir la place Prax-Paris est programmée vendredi 28 novembre à 18 h 30. Y a-t-il eu un raté dans la communication ? Les commerçants disent ne pas avoir été concertés. Samedi, beaucoup imaginaient le changement définitif alors que dans son communiqué, la mairie indique : “Ils resteront sur ce nouvel emplacement pour une longue durée”.

