Un immeuble touché par une frappe israélienne, le 23 novembre 2025 à Beyrouth. IBRAHIM AMRO / AFP
Israël a mené une frappe meurtrière ce dimanche 23 novembre dans la banlieue sud de Beyrouth, affirmant avoir tué le chef d’état-major du Hezbollah pro-iranien. Au moins cinq personnes sont mortes dans l’attaque. On fait le point.
• Au moins 5 morts et 28 blessés
La frappe a touché les troisième et quatrième étages d’un immeuble de neuf étages dans une zone densément peuplée de Beyrouth, et laissé plusieurs voitures calcinées à son pied, a constaté un journaliste de l’AFP.
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Il a vu les secouristes évacuer un corps enveloppé dans un sac blanc et au moins six blessés, dont trois femmes, de l’immeuble au rez-de-chaussée duquel s’alignent une pâtisserie, un magasin de jouets et une boutique d’électroménager. La frappe a fait cinq morts et 28 blessés, a annoncé le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.
C’est la cinquième fois qu’Israël frappe la banlieue sud de Beyrouth, un fief du mouvement chiite, depuis le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après un an de conflit au cours duquel l’armée israélienne a tué le chef du Hezbollah et plusieurs de ses responsables militaires. L’attaque est intervenue une semaine avant la visite du pape Léon XIV, attendu le 30 novembre au Liban.
• « Le chef d’état-major du Hezbollah » visé, selon Israël
Dans la soirée, Israël a annoncé avoir tué Haitham Ali Tabatabai, présenté comme le « chef d’état-major » du Hezbollah, dans cette frappe. C’est le plus haut responsable du Hezbollah à être tué depuis la fin il y a près d’an de la guerre meurtrière qui a opposé le mouvement pro-iranien à Israël. Une source proche du Hezbollah a confirmé à l’AFP sa mort. Tabatabai avait été promu chef militaire du Hezbollah après la mort des principaux responsables militaires du mouvement durant la guerre avec Israël.
Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou s’était engagé plus tôt dans la matinée à « faire tout le nécessaire » pour empêcher un renforcement du mouvement pro-iranien, ainsi que du Hamas à Gaza, ouvrant une réunion de son cabinet. « Cette semaine, l’armée israélienne a frappé le Liban et nous continuerons à faire tout ce qui est nécessaire pour empêcher le Hezbollah de rétablir sa capacité de menace à notre égard. C’est aussi ce que nous faisons dans la bande de Gaza. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le Hamas ne cesse de le violer et nous agissons en conséquence », a-t-il déclaré.
Son bureau a annoncé dans la foulée que l’armée israélienne venait d’« attaquer au cœur de Beyrouth, le chef d’état-major du Hezbollah qui a dirigé le renforcement et l’armement de l’organisation terroriste ». Benyamin Nétanyahou « a ordonné l’attaque sur recommandation du ministre de la Défense et du chef d’état-major », a ajouté son bureau.
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« Israël prend ses décisions de manière indépendante », a-t-elle précisé, interrogée pour savoir si les Etats-Unis avaient été tenus au courant de l’attaque. Washington, qui fait partie avec Paris d’un comité international chargé de surveiller l’application du cessez-le-feu, n’a pas été prévenu à l’avance de l’attaque, a affirmé le correspondant israélien du site d’information Axios, citant deux responsables américains.
• Des frappes qui s’intensifient contre le Liban
Le président libanais Joseph Aoun a appelé la communauté internationale à « intervenir sérieusement et avec force pour mettre fin aux attaques contre le Liban » menées par Israël, soulignant que le Liban respectait de son côté le cessez-le-feu.
Israël a récemment intensifié ses frappes dans les bastions du Hezbollah au sud et à l’est du Liban, où il affirme viser le mouvement chiite qu’il accuse de violer le cessez-le-feu en se réarmant et réactivant ses infrastructures.
Le Hezbollah avait lancé les hostilités en ouvrant un front contre Israël au début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre 2023. Un cessez-le-feu est en vigueur dans le territoire palestinien depuis le 10 octobre.
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« Nous continuerons à agir avec force pour prévenir toute menace contre les habitants du nord et l’Etat d’Israël. Quiconque lèvera la main contre Israël verra sa main coupée », a martelé le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
Le Hezbollah, sorti affaibli du conflit avec Israël, qui a culminé en deux mois de guerre ouverte avant la trêve, assure pour sa part respecter le cessez-le-feu. Mais un haut responsable de la formation chiite, accouru sur le site frappé dimanche, a accusé Israël d’avoir « franchi une nouvelle ligne rouge ».
Pour leur part, les autorités libanaises accusent régulièrement Israël de violer l’accord de cessez-le-feu conclu sous médiation américaine, en poursuivant ses frappes et en continuant d’occuper cinq points stratégiques du sud du territoire libanais. Les Etats-Unis font dans le même temps pression sur le gouvernement libanais pour qu’il oblige le Hezbollah à rendre ses armes, ce que le groupe a jusqu’à présent refusé de faire.

