L’arrière et taulier de l’équipe de France a débriefé la tournée d’automne à l’issue de la rencontre face à l’Australie (48-33). Il dresse un bilan mitigé, s’il est conscient des faiblesses des Bleus, il rappelle que tout n’est pas non plus à jeter.
On vous a vu pousser un gros coup de gueule au milieu de la première période. C’est parce que vous sentiez que l’équipe avait besoin d’être un peu secouée ?
Non, c’est juste qu’on se dit d’être discipliné et qu’on ne l’est pas. Donc voilà, quand on se dit qu’on a une discipline qui n’est pas bonne sur le match de la semaine dernière, quand on fait un focus sur ça durant la semaine, et qu’on attaque un match international en prenant une pénalité au bout de même pas une minute ou une minute trente. Notre première mi-temps a été sur le plan de la discipline pas très bonne, on ne peut pas dire autre chose. On gagne le match, c’est très bien, c’est très positif, on finit sur une bonne note. Forcément offensivement il y a eu des choses meilleures. Mais il y a quand même des points noirs dans la discipline.
On a senti que dans le désordre, vous trouviez des solutions relativement facilement. Et sur le jeu placé, on va dire plus de difficultés à trouver les bons timings, à trouver les bonnes courses… C’est aussi votre avis ?
Oui, oui. Après, la première des choses, c’est qu’ils ont une bonne défense au niveau de la circulation. Ils se consomment très peu dans les rucks, donc c’était assez difficile de les concentrer. On a réussi quand même à le faire lorsqu’on a joué un petit peu de par nos avants dans l’axe. Donc ça nous a permis de trouver les solutions sur l’extérieur. Mais après, oui, il faut qu’on soit plus précis sur notre système de jeu, sur nos cellules, sur le choix aussi, sur des choix qu’on fait sur le moment. On a passé quatre semaines ensemble. C’est beaucoup, mais c’est très peu aussi quand on voit la période que viennent de passer les Australiens ensemble. Donc je crois qu’il y a des choses sur lesquelles il faudra s’appuyer, d’autres non pour la suite et pour le Tournoi.
Quel bilan faites-vous de ces trois matchs ?
Forcément, on aurait aimé gagner les trois matchs, comme vous pouvez l’imaginer. On voit qu’aujourd’hui, il y a une équipe qui domine le monde. Il ne faut pas se leurrer. L’Afrique du Sud, je crois qu’ils ont gagné en Irlande encore ce soir. Ils sont devant les autres. Et maintenant, c’est à nous de bosser pour faire notre retard par rapport à cette équipe-là. Mais beaucoup d’enseignement, comme je le disais, il y a un point noir, forcément, c’est notre discipline. Donc ça va être très certainement un focus sur les premières semaines du Tournoi. Et après, sur notre défense aussi, on prend quand même beaucoup de points ce soir. Donc c’est un sujet sur lequel il faudra pouvoir discuter aussi. Et offensivement, comme je le disais, être plus précis sur… nos cellules de jeu et sur nos choix pour qu’on puisse mettre les défenses un peu plus en difficulté. Je ne vais pas vous mentir, finir sur une victoire à presque 50 points, marquer quand même des très beaux essais, retrouver un petit peu, ce jeu d’utiliser les turnovers et de pouvoir profiter de ces ballons-là, ça fait aussi du bien.
Fabien Galthié a dit que l’équipe n’est pas au niveau d’il y a quatre ans…
Il y a quatre ans ? (il souffle) C’est son avis à Fabien. Après, moi, je ne suis que joueur et forcément, lui, il doit avoir ses raisons de dire ça. Je ne vais pas commenter.
Comment faire pour rattraper le retard sur les meilleures nations mondiales ?
Pour moi, la meilleure nation, ce sont les Sud-africains. Derrière, je pense qu’on fait partie des meilleures nations mondiales. On a un peu reculé au classement mais ça ne veut pas dire grand-chose. On a gagné le Tournoi l’année dernière, on a été capable de faire des matchs extraordinaires face à l’Irlande, par exemple. Je crois que parfois on oublie aussi les performances qu’on a été capable de faire avec du temps passé ensemble. Et comment faire ? Je ne vais pas parler des “Sudaf”, mais c’est une équipe qui est plus clinique que nous, qui est plus tueuse aussi, être capable de pouvoir à chaque fois qu’on va chez l’adversaire, marquer des points et voilà.
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Un petit mot sur Kalvin Gourgues qui a fait une entrée remarquée…
Ça fait plaisir de le voir ici avec nous. Je crois qu’il a fait un énorme début de saison. Je ne vais pas vous rappeler tout ce qui s’est passé pour lui depuis le début de sa jeune carrière. Mais il revient de loin, donc voilà, beaucoup de joie pour lui. Je pense qu’il doit être quand même très, très heureux et puis nous, on est aussi heureux de le voir là. Il montre toutes ses qualités encore ce soir. Il fait une entrée, je pense, remarquée. Donc c’est bien, il faut qu’il continue parce qu’il est jeune, il est qu’au début de sa carrière. Donc, comme je lui disais à la fin du match, il risque d’être attendu de plus en plus. Et ce qui est normal, lui, de continuer à travailler comme il fait, d’être sérieux comme il fait. Et je pense qu’il aura un bel avenir devant lui.

