Des migrants secourus par l’« Ocean Viking », navire de sauvetage de l’organisation SOS Méditerranée, et logés dans un centre de vacances à Hyères (Var), le 11 novembre 2022. Leur relogement dans un lieu touristique a fait polémique. CHRISTOPHE SIMON/AFP
Quand on la retrouve au métro Front Populaire, qui dessert le campus universitaire Condorcet d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Camille Schmoll se met immédiatement à décrire les lieux. Comparant les bâtiments aux grandes vitres qui nous entourent avec les immeubles haussmanniens situés à quelques centaines de mètres, par-delà le périphérique, elle évoque ce que les espaces disent de nos « géographies morales ». Car c’est cela qui l’intéresse : ces dispositions personnelles qui reflètent les normes et valeurs que l’on attache à un endroit ; les émotions, jugements ou formes de rejet qu’il produit. Un concept au cœur du dernier ouvrage de la directrice d’études à la prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS), « Chacun sa place. Une géographie morale des mobilités », publié début octobre aux éditions du CNRS.
La genèse de ce livre provient d’une frustration : comment combler le fossé entre la recherche scientifique sur les migrations, qui objective les faits à partir d’un travail rigoureux et collectif, et l’instrumentalisation de ces derniers à des fins politiques ? Nous rencontrons Camille Schmoll quel…
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