La cuisine inventive de Benjamin Toursel, chef étoilé de L’Auberge le Prieuré, continue de surprendre. Malgré les défis du secteur, il maintient son établissement parmi les meilleurs, tout en conservant un engagement citoyen avec l’organisation de Jazztronomie.
Le premier mot qui vient à l’esprit de Paul Vo Van pour qualifier Benjamin Toursel, chef étoilé de L’Auberge le Prieuré à Moirax, est “générosité”. Les deux hommes évoluaient ensemble au sein de l’équipe de touch rugby des All Moiracks, association célèbre pour son Pentecôte de bœuf. Le conseiller départemental du canton de l’Ouest Agenais est également son parrain au sein du Lions club Agen Val de Garonne qui organise prochainement la 9e édition de Jazztronomie.
La générosité de Benjamin Toursel s’accompagne d’une exigence sans faille au quotidien qui permet à son établissement de rester dans les 600 meilleurs restaurants français (selon l’Insee, l’Hexagone compte environ 171 000 restaurants). Depuis 20 ans, L’Auberge le Prieuré est distinguée par une étoile au Guide Michelin et un 16,5/20 au Gault & Millau. Son chef pâtissier Anthony Raimond a remporté cette année le Trophée Pâtissier du Gault & Millau Tour Nouvelle-Aquitaine 2025.
“Cuisiner, c’est vivre”
Inventif, imaginatif, précis et audacieux, Benjamin Toursel a un talent fou. Derrière les murs en pierre ou sur la terrasse ombragée à quelques mètres du prieuré clunisien fondé au XIe siècle, sa cuisine moderne surprend à chaque fois.
Elle étonne d’autant plus qu’il tient absolument à créer l’effet de surprise. “Je déteste l’idée d’un plat signature”, explique-t-il. “Je n’ai pas envie de rentrer au musée Grévin de mon vivant. Je ne veux pas être figé dans le temps, je veux évoluer. Cuisiner, c’est vivre, c’est pratiquer un métier artistique et physique”.
Épaulé par son épouse, Agathe, “indissociable” de son succès, le chef Toursel exerce son métier “avec les tripes”, comme il le dit. Son engagement est total et sa passion intacte. Cet été, c’était complet dix jours à l’avance.
“Le métier n’est pas assez défendu”
Mais, à 52 ans, il sait que le haut niveau a un prix dans une société où il considère que “le métier n’est pas assez défendu”. “Notre profession va mal, avec notamment la multiplication des buffets à volonté de 1000 m2”. Plusieurs se sont montés récemment à Agen, ville de France qui, par ailleurs, a le ratio de nombre de couverts par habitant le plus important. Il est de 0,8 à Paris et de 1,7 à Agen.
Sans langue de bois, il estime que la malbouffe gagne du terrain. “Une ironie du sort alors qu’il n’y a jamais eu autant de shows télé sur la cuisine”.
Il a, de son côté, réussi à structurer son entreprise et œuvré pour la rendre attractive auprès de ses salariés avec 6 semaines de congés payés, 3 jours de repos par semaine et une épargne salariale. Il n’empêche que les charges l’assomment littéralement et que, le jour où il arrêtera, la transmission de son affaire lui paraît compliquée.
Jazztronomie
Jazztronomie est une manifestation originale, organisée par le Lions club Agen Val de Garonne à la salle des fêtes de Moirax. Benjamin Toursel, le chef étoilé de l’Auberge Le Prieuré à Moirax, a notamment été à l’impulsion de cette initiative avec Paul Vo Van. Le principe est simple : un dîner spectacle rythmé par le jazz, avec Benjamin Toursel aux fourneaux. La 9e édition aura lieu le 28 novembre prochain à la salle des fêtes de Moirax (c’est d’ailleurs quasiment plein).
Cette année, le duo Séva-Maroye (Éric Séva au saxophone et Christophe Maroye à la guitare) sera sur scène. Côté cuisine, le chef a notamment prévu en entrée une raviole aux champignons, boudin de volaille et peau de poulet croustillante. La suite du repas s’annonce tout aussi exceptionnelle. Le Lions étant un club service dont la vocation est l’altruisme, les bénéfices de la soirée seront reversés au Comité de Cancérologie 47. En 2013, Benjamin Toursel avait été touché par un cancer de l’estomac.

