Voilà 16 ans que Sapiac n’avait pas vu arriver le Stade Toulousain sur son terrain. Même diminué, le triple champion de France est archi favori contre le promu surprise.
16 ans que le public de Sapiac attendait ça. Le 15 août 2009, le Stade Toulousain se déplaçait pour la dernière fois sur la pelouse de la cité d’Ingres, dont le club s’appelait à l’époque le MTG XV. Il s’y imposait (17-16) grâce à un essai après la sirène de Patricio Albacete et une transformation en bord de touche de Jean-Baptiste Élissalde. Depuis, le Stade a conquis sept boucliers de Brennus et trois coupes d’Europe, régnant sans partage sur la planète rugby.
“Tout le mérite leur revient”
L’USM, elle, a dû tout reconstruire en Fédérale 1 après une relégation administrative en 2010. Puis revenir en 2014 en Pro D2, avant de voir arriver un nouvel investisseur devenu président, Jean-Claude Maillard, en 2019. À l’époque, l’industriel lotois promettait le Top 14 en 5 ou 6 ans. Il a réussi son pari à la surprise générale, après avoir évité in extremis une relégation en Nationale d’un point à Narbonne en 2024. 365 jours plus tard, ses hommes glanaient un titre improbable à l’issue de phases finales de Pro D2parfaitement maîtrisées. “Tout le mérite leur revient”, louait Jean Bouilhou dans ces colonnes cette semaine.
Sur les bords du Tescou, l’attente est évidemment énorme. Les 9 200 billets de l’ancienne cuvette sont partis comme des petits pains, en 20 minutes chrono. La billetterie a connu une affluence monstre, avec plus de 400 000 connexions quasi-simultanées. À l’époque, l’espoir de voir le retour d’Antoine Dupont était dans toutes les têtes. Il n’en sera finalement rien.
Mais qu’importe. Le Stade Toulousain fait toujours rêver, même diminué par les nombreuses absences dues à la tournée de novembre et à plusieurs blessures. “On a pris conscience de l’importance de la période des doublons et on a appris à l’appréhender, même à savoir resserrer le groupe et à construire des victoires sur ces périodes-là”, assure Matthis Lebel, qui fait figure de taulier dans le XV de départ toulousain cet après-midi (16h35).
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Le maintien d’un côté, le fauteuil de leader de l’autre
En face, Maxime Mathy, l’un des plus anciens montalbanais, se délecte d’affronter une équipe six étoiles… européennes. “J’ai hâte d’y être, ça va être un match génial à jouer. On sait qu’ils sont les meilleurs partout, qu’ils sont très très bons sur les ballons de récupération… Il faut s’envoyer à 200 % et profiter du moment, sans trop les regarder non plus.”
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Car au-delà de l’événement du jour, Montauban lutte toujours à distance pour le maintien face à Perpignan. Vainqueur d’un seul match en neuf journées, les hommes de Sébastien Tillous-Borde ont un besoin urgent de points pour garder les Catalans à distance, eux qui ont inscrit leur premier point de bonus défensif à Pau avant la trêve. “Il faut qu’on sorte notre match référence de la saison”, résume l’ancien numéro 9.
Le leader stadiste doit, lui, montrer un autre visage à l’extérieur. Car outre une victoire inaugurale à Clermont, les coéquipiers de Jack Willis ont enchaîné trois revers consécutifs loin de leurs bases, deux avec plus de 40 points concédés (Montpellier et Bayonne). Ils voient toujours Toulon, Pau et Bordeaux-Bègles les talonner. L’an passé, ils avaient creusé l’écart en novembre. Il est temps pour eux de reprendre leur marche en avant.

