Près de 30 personnes ont été tuées à Gaza mercredi, au cours d’une des journées les plus meurtrières depuis le début de la trêve entre Israël et le Hamas. APAIMAGES/SIPA
Au Proche-Orient, une trêve toujours très fragile. Des frappes aériennes israéliennes sur la bande de Gaza ont tué 27 personnes, mercredi, selon les autorités locales. Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas s’accusent mutuellement d’avoir violé le fragile cessez-le-feu, poussé par les Etats-Unis et en vigueur depuis le 10 octobre après plus de deux ans de guerre. Il s’agit de l’une des journées les plus meurtrières à Gaza depuis le début de la trêve.
• 14 morts à Gaza-ville, 13 à Khan Younès
Quatorze personnes ont été tuées mercredi à Gaza-ville, et 13 dans la région de Khan Younès, selon la Défense civile de la bande de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du Hamas. Deux hôpitaux contactés par l’AFP ont confirmé ce bilan. Toujours selon la Défense civile, les bombardements ont notamment tué un couple et ses trois enfants à Gaza-ville, et deux mineurs à Khan Younès.
L’armée israélienne a affirmé « frapper des cibles terroristes du Hamas dans toute la bande de Gaza » en riposte à des tirs « en direction de la zone où [ses] soldats opèrent à Khan Younès ». Ces tirs n’ont fait aucun blessé a précisé l’armée mais constituent « une violation de l’accord de cessez-le-feu ».
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Auprès de l’AFP, plusieurs Gazaouis ont partagé leurs peurs. « Les bombardements et les morts ont recommencé. Ils ne nous laissent même pas le temps de respirer », déplore Ahraf Abu Sultan, 50 ans, tout juste rentré à Gaza-ville pour réparer sa maison détruite après avoir été déplacé un an dans le sud du territoire. « Il n’y a aucun espoir pour la vie à Gaza », se lamente Nivine Ahmed, déplacée sous une tente à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.
• Le Hamas dénonce une escalade dangereuse
Le Hamas a rejeté une « piètre tentative pour justifier […] des violations qui ne cessent jamais » avant de dénoncer une « escalade dangereuse » et d’appeler les Etats-Unis à « exercer une pression immédiate et sérieuse pour [forcer Israël] à respecter le cessez-le-feu ».
Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.
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• Une trêve plusieurs fois fragilisée…
La trêve a déjà été marquée par plusieurs accès de violences – notamment fin octobre – dans le territoire palestinien dévasté par plus de deux ans d’hostilités déclenchées par l’attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Un cessez-le-feu qui reste donc très fragile, et ce pour plusieurs raisons.
Depuis le 10 octobre, plus de 300 Palestiniens ont été tués par des frappes ou des tirs israéliens selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas. L’armée israélienne affirme ne frapper qu’en riposte à des violations de la trêve.
Les raids israéliens les plus meurtriers ont tué, le 29 octobre, plus de cent Gazaouis, selon la Défense civile et des données recueillies par l’AFP auprès de cinq hôpitaux.
•… Et une deuxième phase qui patine
Après la libération des otages israéliens retenus à Gaza en échange de la libération de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens dans le cadre de la première phase du plan de Donald Trump, une deuxième phase devait être mis en œuvre. Mais cette dernière n’a pas encore été approuvée. Elle prévoit notamment le désarmement du Hamas, la mise en place d’une autorité de transition pour gouverner le territoire et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi une résolution pour endosser ce plan Trump, mais le Hamas, écarté de tout rôle dans la gouvernance du territoire et qui refuse de désarmer aux conditions posées par Israël, a dénoncé un texte qui « ne répond pas aux exigences et aux droits politiques et humains » du peuple palestinien.
• Reprises des frappes israéliennes au Liban
Israël a également mené mercredi des frappes dans le sud du Liban, après avoir lancé des appels à évacuer. L’armée israélienne a dit viser le mouvement islamiste Hezbollah qu’elle accuse de se réarmer en violation du cessez-le-feu en vigueur à sa frontière nord depuis bientôt un an. Israël juge « médiocre » les opérations du gouvernement libanais contre le Hezbollah et exige des actions plus décisives rapporte le média israélien N12.
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• Un bilan provisoire considérable
L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1 221 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles.
Plus de 69 500 Palestiniens ont été tués par la campagne militaire israélienne de représailles, selon le ministère de la Santé de Gaza. Le ministère, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU, ne précise pas le nombre de combattants tués mais ses données indiquent que plus de la moitié des morts sont des mineurs et des femmes.

