La recherche de places gratuites sur les plages prisées du littoral atlantique peut virer au conflit entre habitants et vacanciers en période estivale. C’est le cas par exemple à Lacanau, où les chaises, piquets et barrières fleurissent devant les maisons de propriétaires excédés pour bloquer les places.
Chaque été, la station balnéaire de Lacanau voit ressurgir les mêmes tensions autour du stationnement. Et cette année ne déroge pas à la règle, comme le raconte Sud-Ouest, où dans certaines rues proches de l’océan, riverains et touristes s’affrontent pour l’accès aux rares emplacements gratuits. Les premiers dressent barrières improvisées – chaises, planches ou barres métalliques – pour dissuader les seconds d’occuper “leurs” trottoirs.
Rue Georges-Bizet notamment, l’une des dernières rues gratuites à proximité de la plage, la situation illustre ce bras de fer. Un habitant admet ainsi auprès du journal local avoir placé des piquets pour éviter que camping-cars et fourgons stationnent plusieurs jours. “Il y en a qui viennent se garer sur la plaque d’égout, au risque de la casser”, justifie-t-il.
Pneus crevés
De l’autre côté, certains automobilistes dénoncent des réactions excessives, comme cette conductrice d’un fourgon pour transporter ses planches de surf, qui raconte avoir retrouvé son véhicule vandalisé : pneus crevés et essuie-glaces cassés, pour plus de 300 euros de réparations.
Le contexte explique ces crispations : une journée complète dans un parking payant coûte environ 35 euros. L’alternative gratuite, proche des plages, attire donc des automobilistes venus de toute la Gironde et d’ailleurs. Mais ce choix pèse sur les riverains, qui évoquent aussi les difficultés de leurs proches à trouver une place pour leur rendre visite.
Face aux tensions, le maire Laurent Peyrondet, qui veut favoriser les mobilités douces, appelle chacun à relativiser. Selon lui, “des parkings à proximité restent disponibles” et les habitants qui barricadent l’espace public “se trompent de combat”. Mais sur le terrain, la bataille des places continue de rythmer l’été canaulais.