August 26, 2025

Emmanuel Macron recevra Friedrich Merz à Brégançon pour relancer le couple franco-allemand

l’essentiel
À Toulon ce vendredi, Emmanuel Macron et Friedrich Merz tiennent leur premier Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) depuis l’arrivée au pouvoir du chancelier. Défense, compétitivité et convergence sociale sont au cœur d’un agenda commun, dans la continuité de leur tribune de mai 2025 qui appelait à une Europe plus souveraine. Geste fort pour la relance du couple franco-allemand, le président de la République recevra le chancelier à Brégançon pour un dîner jeudi soir.

Le 25e Conseil des ministres franco-allemand (CMFA), qui se tiendra ce vendredi à Toulon à la préfecture maritime, marque un tournant dans la relation entre Paris et Berlin. Premier du genre depuis l’investiture du chancelier Friedrich Merz, il vient donner corps à l’agenda esquissé en mai dernier par Emmanuel Macron et son homologue dans une tribune commune, où les deux dirigeants affirmaient vouloir “exploiter au maximum le réflexe franco-allemand” face aux périls stratégiques et économiques contemporains.

Pour conforter cette “relance” du couple franco-allemand et “la nécessité de convergences” selon l’Elysée, Emmanuel Macron va accomplir un geste fort : il accueillera le chancelier Merz au fort de Brégançon pour un dîner jeudi soir. Seuls Helmut Kohl sous François Mitterrand en août 1985 et Angela Merkel en août 2020 avaient eu cet honneur.

Compétitivité et souveraineté économique

Le premier pilier du CMFA est la compétitivité européenne. Dans la continuité de la tribune de mai, qui plaidait pour “un allègement des charges administratives” et pour une véritable union des marchés de capitaux, les ministres français et allemands entendent accélérer l’agenda industriel et financier de l’Union. À l’ordre du jour : simplification réglementaire, politique commerciale plus offensive, mais aussi soutien aux secteurs stratégiques que sont l’intelligence artificielle, le spatial, l’énergie bas carbone et les semi-conducteurs. La question de la souveraineté énergétique, pierre angulaire de la résilience européenne, figure également au cœur des discussions, avec l’objectif de concilier neutralité climatique, sécurité d’approvisionnement et compétitivité des entreprises.

Convergence sociale et réformes nationales

Le deuxième axe, plus inédit, porte sur la coordination des réformes économiques et sociales. Paris et Berlin veulent rapprocher leurs trajectoires, du marché du travail à l’emploi des jeunes et des seniors, en impliquant les partenaires sociaux, qui se sont déjà retrouvés à Berlin en juillet.

Des points de coopération sont également prévus sur la gestion des migrations, la protection civile, la culture et la coopération transfrontalière.

Défense, sécurité et industrie militaire

Le troisième pilier du CMFA est consacré à la défense et à la sécurité, dans un format dit “3 + 3” réunissant ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Économie. Au programme, la consolidation des grands projets industriels communs (système de combat aérien du futur – FCAS, char de nouvelle génération – MGCS), mais aussi la rationalisation de la base industrielle et technologique de défense européenne. L’ambition est de réduire la dispersion des systèmes d’armes, standardiser les équipements, renforcer la production en Europe et donner corps à la logique du “meilleur athlète” évoquée par Berlin et Paris.

Les discussions portent également sur les enjeux stratégiques de long terme : missiles de très longue portée, capacités de frappe dans la profondeur, systèmes d’alerte avancée, et dialogue sur la dissuasion nucléaire. L’intérêt exprimé par le gouvernement Merz pour l’offre française de 2020 en matière de dissuasion ouvre un champ nouveau de coopération, jusque-là sensible.

Pas de communiqué solennel final mais des feuilles de route précises

Au-delà de l’agenda structurant, le CMFA abordera les crises immédiates : l’Iran, avec la question de l’éventuel rétablissement des sanctions (“snapback”), et l’Ukraine, où les garanties de sécurité demeurent le préalable à toute négociation de paix.

À rebours des grandes déclarations symboliques, ce 25e CMFA doit déboucher non pas sur un communiqué solennel, mais sur une liste de projets précis, assortis de feuilles de route, selon l’Élysée. L’objectif affiché est d’opérationnaliser le “réflexe franco-allemand”.

source

TAGS: