Un policier municipal de 37 ans a extrait juste à temps une femme bloquée à bord d’un véhicule en feu à Berrac, dans le Gers, dimanche 24 août. Récit d’un acte de bravoure.
“Je revenais de vacances avec ma famille, et devant nous, on a vu deux voitures arrêtées et un véhicule en feu sur le bas-côté.” Jérémy Mérivot, 37 ans, policier municipal à Saint-Lys, raconte avec un calme surprenant comment il a sauvé une femme d’une voiture en flammes, ce dimanche à Berrac, sur la RD 36. Un acte de bravoure qui s’inscrit dans une vie marquée par le sauvetage.
À lire aussi :
Un accident suivi d’un feu à Berrac fait une blessée, le témoin incommodé par les fumées est lui aussi évacué
“J’ai doublé, pour m’arrêter plus haut. De là, j’ai vu que le véhicule restait complètement fermé. Toutes les portières étaient bloquées. Je suis arrivé au niveau de l’arrière, et c’est à ce moment-là, malgré la fumée partout, que j’ai juste vu une main à l’intérieur.” Le feu a déjà englouti tout l’avant du véhicule.
“On ne voyait rien”
Sans hésiter, Jérémy Mérivot et sa conjointe vident leur coffre pour trouver un outil. À l’aide de la clef en croix, le jeune homme brise la vitre arrière droite de la voiture. Jérémy Mérivot ne pense pas au danger et passe le corps par la portière. “Je ne me suis pas trop posé la question de savoir si ça allait exploser. Parce que j’ai déjà vu des véhicules en feu. On va dire que je n’ai pas trop cherché à réfléchir sur l’instant T.” À l’intérieur, la chaleur et la fumée sont insupportables. “On ne voyait rien. J’ai passé mon corps à moitié là-dedans pour essayer de saisir la première chose qui me venait. Et elle était là.”

La jeune femme de 26 ans, détachée mais désorientée, est extraite à travers la fenêtre. Sa conjointe, sage-femme, prend immédiatement le relais et l’éloigne du véhicule en feu. Mais la présence de la victime à l’arrière inquiète Jérémy Mérivot : reste-t-il des passagers ? Un conducteur ? La rescapée lui a répété qu’elle était seule à bord, mais il retourne vers la voiture pour tenter de vérifier. Mais le véhicule est totalement embrasé.
“Il faut la sortir de là”
Ce jour-là, tout a tenu à des détails. “Déjà, je ne suis pas reparti à l’heure prévue parce que mon chat ne revenait pas. Ensuite, je me suis trompé de direction et je suis revenu en arrière. Et c’est là qu’on a vu la voiture…”

Après l’intervention, Jérémy Mérivot a passé quelques heures aux urgences de l’hôpital de Condom. “J’ai juste passé trois heures hier soir pour respirer un peu d’oxygène, parce que ça m’avait pris un peu à la gorge, mais sinon, il n’y a rien du tout.”
Pourquoi a-t-il agi ainsi ? “Ma formation, mon métier… Je pense que c’est une globalité. Je n’en sais rien.” Ancien gendarme mobile pendant 15 ans, Jérémy Mérivot a l’habitude des situations d’urgence. En 2017, il avait plongé dans la Seine pour sauver un noyé. “On m’a aidé à le hisser sur le quai. Et puis, je lui ai fait du bouche-à-bouche. Ça a fini par marcher.” Déjà, son acte de courage lui avait valu d’être décoré. Ce sera sans doute le cas pour son action dans le Gers, même s’il accorde peu d’importance à la médaille. “La première chose que je me suis dite quand j’ai vu la voiture en feu, quand j’ai vu la main, c’est : ‘Il faut la sortir de là’.” Et lundi matin, pendant que celle qu’il a sauvée achevait de récupérer aux urgences, Jérémy Mérivot avait repris son poste à Saint-Lys.