L’hôpital de Khan Younès endommagé par une frappe israélienne, à Gaza le 25 août 2025. ABDALLAH F.S. ALATTAR / ANADOLU VIA AFP
Les journalistes et les hôpitaux ne devraient jamais être pris pour cible, a critiqué l’ONU ce lundi 25 août, après qu’une frappe israélienne sur un hôpital à Gaza a tué au moins 20 personnes, dont cinq journalistes. « Les journalistes ne sont pas une cible. Les hôpitaux ne sont pas une cible », a réagi Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. « L’assassinat de journalistes à Gaza devrait choquer le monde, non pas en le plongeant dans un silence stupéfait mais en le faisant agir », a-t-elle insisté.
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Selon la défense civile de la bande de Gaza, une organisation de premiers secours, l’hôpital Nasser de Khan Younès a été frappé à deux reprises par l’armée israélienne, d’abord par un drone explosif, puis par un bombardement aérien alors que les blessés étaient évacués. Un « accident tragique » selon le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
« Israël regrette profondément l’accident tragique survenu aujourd’hui à l’hôpital Nasser » de Khan Younès, a déclaré Benyamin Netanyahou dans un communiqué en anglais, assurant qu’« Israël attache de l’importance au travail des journalistes, de même qu’au personnel médical et à tous les civils ». « Les autorités militaires mènent une enquête approfondie. Notre guerre est contre les terroristes du Hamas. Nos objectifs légitimes sont de vaincre le Hamas et de ramener nos otages à la maison », a ajouté le Premier ministre israélien.
« Intolérable »
La frappe israélienne sur un hôpital à Gaza est « intolérable », a de son côté réagi le président français Emmanuel Macron, appelant Israël à « respecter le droit international ». « Les civils et les journalistes doivent être protégés en toutes circonstances. Les médias doivent pouvoir exercer leur mission de façon libre et indépendante pour couvrir la réalité du conflit », a dit Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien téléphonique avec l’émir du Qatar.
Le chef de la diplomatie britannique David Lammy, réitérant un appel à « un cessez-le-feu immédiat », s’est lui dit « horrifié » par l’attaque israélienne. « Les civils, les professionnels de santé et les journalistes doivent être protégés », a-t-il insisté. « Cette attaque doit faire l’objet d’une enquête », a pour sa part déclaré le ministère des Affaires étrangères allemand, appelant Israël à « autoriser immédiatement l’accès des médias étrangers indépendants et à assurer la protection des journalistes à Gaza ».
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Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a lui aussi fermement condamné les frappes israéliennes sur l’hôpital, qualifié de « crime odieux », tout comme le ministère qatari des Affaires étrangères, pour qui la frappe constitue « un nouvel épisode dans la série de crimes odieux commis par l’occupation contre le peuple palestinien frère et une violation flagrante du droit international ».
Les agences Reuters et AP « dévastée » et « choquée »
Les agences de presse canado-britannique Reuters et américaine Associated Press ont exprimé leur choc et tristesse après la mort d’un collaborateur et d’une pigiste dans les frappes. « Nous sommes dévastés d’apprendre le décès de Hossam al-Masri et les blessures infligées à un autre de nos collaborateurs (…) lors de frappes israéliennes sur l’hôpital Nasser », a déclaré un porte-parole de Reuters.
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Associated Press s’est dite « choquée et attristée » du décès de Mariam Dagga, 33 ans, journaliste photo indépendante qui collaborait avec l’agence depuis le début de la guerre. L’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA), « scandalisée et choquée », a exigé « des explications » de la part des autorités israéliennes, appelant Israël « à abandonner une fois pour toutes sa pratique abjecte constituant à prendre des journalistes pour cible ».