Reportage
Centre de quarantaine puis de détention pour les immigrés indésirables venus d’Asie, cet îlot du Pacifique dans la baie de San Francisco n’a pas connu la même postérité qu’Ellis Island, sur la côte Est. Son histoire, exhumée par « le Nouvel Obs », résonne tristement dans l’Amérique trumpiste.
« L’île des anges » : Angel Island. Elle est là, si proche qu’on l’aperçoit du port de San Francisco, un morceau de terre verdoyante scintillant dans la baie, non loin de la prison d’Alcatraz, perchée sur son piton rocheux. Le drapeau américain flotte à la proue du ferry, l’écume tourbillonne, et la mer, immuable, nous rappelle que le temps se replie sur lui-même, le passé revenant narguer le présent. Ce printemps 2025, Donald Trump a annoncé vouloir rouvrir le célèbre pénitencier, fermé en 1963. Qu’importe si cette décision mène à un gouffre financier : le pays est pris d’une frénésie de construction de centres de détention pour immigrés… Dans cette Amérique MAGA (Make America Great Again), le destin méconnu et tragique d’Angel Island résonne. Car Angel Island, c’était une île-prison, comme sa voisine Alcatraz, réservée aux immigrés arrivés du côté du Pacifique.
Beaucoup venaient d’Asie. Et c’est la raison pour laquelle l’Amérique, nation toute neuve qui venait d’abolir l’esclavage et s’accrochait à une identité « blanche » et européenne, ne voulait pas d’eux. En 1882, le Chinese Exclusion Act, premier texte d’immigration ciblant un groupe à partir de critè…

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