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Le Nouvel Obs avec AFP
Dans un centre de distribution alimentaire du camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de l’enclave, le 18 août 2025. L’ONU déclare officiellement la famine à Gaza, ce vendredi 22 août. EYAD BABA / AFP
Après les nombreuses alertes, le message officiel. L’Organisation des Nations unies (ONU) a officiellement déclaré, ce vendredi 22 août, la famine à Gaza, la première à toucher le Moyen-Orient, après que ses experts ont averti que 500 000 personnes se trouvaient dans un état « catastrophique ».
Après des mois de mise en garde contre une famine dans le territoire ravagé par la guerre, le Cadre intégré de Classification de la Sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l’ONU basé à Rome, a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza et qu’elle devrait s’étendre aux gouvernorats de Deir el-Balah et Khan Younès d’ici fin septembre.
La famine à Gaza « aurait pu être évitée » sans « l’obstruction systématique d’Israël », a accusé le responsable de la coordination des affaires humanitaire des Nations unies, Tom Fletcher. « La nourriture s’accumule aux frontières en raison de l’obstruction systématique d’Israël », a appuyé Tom Fletcher lors d’un point de presse à Genève, ajoutant que « cette famine va et doit nous hanter tous ».
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Le chef des droits humains des Nations unies, Volker Türk a rappelé vendredi qu’« affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre », quelques minutes après que l’ONU a officiellement déclaré la famine à Gaza. « Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité », a lancé pour sa part le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. « Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat, de la libération immédiate de tous les otages et d’un accès humanitaire total et sans entrave », a-t-il ajouté.
Malgré l’évidence, Israël assure qu’il n’y « a pas de famine à Gaza »
L’ONU s’est aussitôt attirée les foudres d’Israël, qui a dénoncé une annonce biaisée « fondée sur les mensonges du Hamas ». « Il n’y a pas de famine à Gaza », a affirmé le ministère israélien des Affaires étrangères.
Début mars, Israël a totalement interdit l’entrée des aides à Gaza, avant d’autoriser fin mai l’acheminement de quantités très limitées, entraînant de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant. Israël, qui contrôle tous les accès à Gaza, accuse le Hamas de piller les aides, ce qu’il nie, et les organisations humanitaires de ne pas les distribuer. Mais celles-ci ont affirmé qu’Israël imposait des restrictions excessives et jugé très dangereux de distribuer l’aide en pleine guerre.