Pour l’instant cantonnée aux départements de Savoie et de Haute-Savoie, cette maladie et sa gestion par l’Etat inquiète les éleveurs aveyronnais.
Pour l’heure, ce n’est pas un sujet qui concerne directement les agriculteurs aveyronnais. Cependant, ceux-ci expriment d’ores et déjà de vives inquiétudes. Depuis fin juin, une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), touche les bovins de plusieurs exploitations situées en Savoie et en Haute-Savoie.
Une maladie non transmissible à l’Homme, occasionnant de la fièvre, de l’anorexie ou encore une chute de la lactation entraînant un taux de mortalité d’environ 10 % pour les bêtes. Un virus transmis aux bovins par les stomoxes – ou mouches charbonneuses –, ainsi que les taons. Alors, l’État a choisi d’adopter des mesures radicales afin d’endiguer la maladie. Si un bovin est diagnostiqué, l’ensemble du troupeau sera abattu.
Un mode de gestion vivement contesté. Notamment du côté de deux syndicats agricoles, la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Une réunion sur le sujet s’est d’ailleurs récemment tenue en présence des services de l’État, à l’initiative des “bonnets jaunes”. Visiblement, ceux-ci n’ont pas été convaincus. “En Aveyron, la CR s’engage à soutenir tout éleveur qui souhaite s’opposer à l’abattage total de son troupeau”, réagit le syndicat par voie de communiqué.
Pour autant, la deuxième force à la chambre d’agriculture a conscience des risques véhiculés par cette épidémie. “La vaccination est la solution”, plaide le syndicat, afin qu’en cas de contagion au sein d’un troupeau, seules les bêtes touchées par la DNC doivent être abattues.
“Protocole obsolète”
Un regard partagé par la Confédération paysanne. “Cette stratégie est mise en place au mépris des études scientifiques”, fustige Johan-Kévin Galtier, porte-parole de la section locale de la Conf’, qui prône lui aussi la vaccination, des mesures de confinement et un abattage partiel. Outre cet épisode, les éleveurs craignent en tout cas que la situation puisse se reproduire à l’avenir et que la DNC, maladie longtemps cantonnée à l’Afrique subsaharienne, se déclare régulièrement en France. Cette maladie “broie tout sur son passage, animaux et éleveurs”, en raison d’un “protocole obsolète”, conclut la CR.