April 28, 2026

"Le moindre camion électrique coûte deux fois plus cher" : étouffés par la hausse du carburant, les transporteurs routiers du Lot-et-Garonne baissent les bras

l’essentiel
Hausse des coûts, crise sectorielle et tensions internationales ont dominé la Rencontre des transporteurs du Lot-et-Garonne à Boé pour leur rencontre annuelle.

L’événement organisé par le Syndicat des transports routiers de Lot-et-Garonne (STR 47), samedi 25 avril à la salle François Mitterrand de Boé, s’est déroulé dans un climat extrêmement morose. Le manque de réactivité de l’État, face aux urgences du secteur confronté à la hausse des carburants, a été dénoncé.
Les stands d’une cinquantaine de partenaires du secteur ont vu défiler les responsables d’environ 70 entreprises de transport. Au total, ce sont près de 300 personnes qui auront transité par la salle F. Mitterrand, dont plusieurs politiques. Conférences et remise des trophées de la sécurité routière ont précédé un débat qui a permis de mesurer le désarroi du secteur lié à la guerre du Moyen-Orient.

Un besoin de mesures structurelles impératives et rapides

Dans son discours, le président du STR 47, Dominique Péchavy, a insisté sur les menaces à très court terme qui concernent le transport routier : « Depuis plus d’un an, l’activité du transport routier de marchandises stagne autour de 42 milliards de tonnes-kilomètres par trimestre et les premiers chiffres confirment un recul de 1 % depuis le début de l’année. Les cessations d’activité ont bondi de 30 % en un an : les dirigeants baissent les bras, des savoir-faire disparaissent. Les tensions au Moyen-Orient pèsent directement sur nos coûts. Nos entreprises sont fragilisées et nous avons besoin de mesures structurelles ambitieuses et urgentes. »

Cinq revendications incontournables

Réviser en profondeur les règles d’indexation du gazole, renforcer le code des transports (sanction des pratiques de prix abusivement bas), contrôler et sanctionner (notamment les donneurs d’ordre qui ne respectent pas les délais de paiement), lutter contre le cabotage illégal de certains pavillons étrangers et, enfin, encadrer strictement le temps d’attente chez le client (paiement d’indemnités en cas de dépassement).
Dans le débat auquel ont participé Michel Masset, sénateur du Lot-et-Garonne, et le préfet Bruno André, les politiques n’ont pas été épargnés. Michel Masset reconnaissait que les décrets récemment votés « ne traduisent pas les entretiens préalables avec les professionnels. »

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Dans un langage fleuri, le préfet du Lot-et-Garonne a avancé la piste du passage au tout électrique. Les professionnels l’ont rapidement confronté aux réalités économiques : « Le moindre camion électrique coûte deux fois plus cher. Nous ne disposons d’aucune aide et de quasiment pas d’infrastructures (bornes de recharge). Installer quatre bornes électriques au sein d’une entreprise représente 250 000 € d’investissement. Actuellement, il y a d’autres urgences que de penser à la transition écologique. »
Olivier Grima, président de l’Agglomération d’Agen, et Daniel Borie, vice-présidente du Conseil départemental en charge des infrastructures et mobilités, se sont respectivement exprimés : « Nous porterons votre voix pour trouver des solutions dans un contexte international qui manque totalement de visibilité », « Les difficultés des transporteurs, nous les connaissons car les collectivités les rencontrent aussi avec leurs grosses flottes de véhicules. »

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Il revenait à Michel Masset de conclure : « Le gouvernement doit entendre les professionnels, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » Dominique Péchavy avait souhaité des échanges francs et sans détour. Le débat a tenu cette promesse, sans que pour autant des mesures concrètes puissent raisonnablement être envisagées à très court terme sur fond de restrictions budgétaires et d’incompréhensions des pouvoirs publics.

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