April 28, 2026

"Il y a des élus qui vivent dans cette impasse ?" : l’installation d’un panneau "stop" divise les automobilistes et les riverains dans une commune

l’essentiel
À Villefranche-de-Rouergue, en Aveyron, l’installation d’un “stop” pour quelques maisons divise riverains et automobilistes. Son efficacité sera évaluée après six mois d’expérimentation.

Il a surgi, il y a quelques semaines. Au grand étonnement de nombreux automobilistes, qui descendent le chemin de la Croix de Polier pour éviter le centre-ville de Villefranche-de-Rouergue en venant de Montauban ou Cahors. Un panneau et un marquage “stop” ont été implantés à l’intersection avec l’impasse de la Sesteree.

Et la signalisation ne plaît pas à tout le monde. “C’est quoi ce stop ? C’est nouveau de faire ça le long d’une route principale ? Tout ça pour desservir quatre maisons dans une impasse ? On va faire ça à chaque fois pour quelques maisons ? Il y a des élus ou quoi dans cette impasse ?”, s’insurge un conducteur, qui n’habite pas le quartier mais emprunte régulièrement la route.

Un riverain, qui vit plus haut dans le chemin, n’en démord pas non plus. “Ça ne sert à rien ! De toute façon, tout le monde grille le stop. Pour quatre maisons ! Il n’y a pas besoin de réduire la vitesse, avec tous les aménagements qu’ils ont créés, on a déjà bien réduit la vitesse. Ce panneau est arrivé du jour au lendemain, sans qu’on soit consultés”, s’agace-t-il, au volant de sa voiture.

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Il est vrai que cette colline ne manque pas d’aménagements routiers, entre route partagée avec pistes cyclables de chaque côté, et création de nombreux rétrécissements où il faut attendre pour se croiser, il est difficile de rouler vite. Sans compter que les voies sont étroites.

“On avait un gros problème de sécurité”

Dans l’impasse de la Sesteree, on compte une poignée de maisons. Impossible de savoir si des élus y vivent, personne n’a indiqué son nom sur les boîtes à lettres.

Une riveraine assure avoir été aussi surprise que les utilisateurs du chemin de la Croix de Polier. “Ce n’est pas moi qui ai fait la demande du panneau”, se défend-elle, expliquant n’avoir pas de soucis auparavant pour sortir de l’impasse. “Le stop ne me change rien. Je n’avais pas peur avant qu’il soit installé”.

L’impasse compte quelques maisons. Plus haut, avant cette intersection, on trouve également une impasse côté droit après la clôture blanche. Pour l’instant, pas de panneau stop.
L’impasse compte quelques maisons. Plus haut, avant cette intersection, on trouve également une impasse côté droit après la clôture blanche. Pour l’instant, pas de panneau stop.
MHD

Des propos qui divergent complètement chez ses voisins. “On avait un gros problème de sécurité quand on quittait l’impasse. Les gens ne respectaient pas la priorité à droite. C’était beaucoup trop dangereux”, confie une habitante de l’impasse. Son conjoint, lui, se dit “très content” de la signalisation, et se souvient de la genèse de son installation : “La situation a été évoquée lors d’une réunion de quartier avec la mairie”.

Recours au vote citoyen

En effet, Jean-Claude Carrié, alors adjoint aux travaux pour la ville de Villefranche-de-Rouergue, confirme avoir eu connaissance du dossier à l’été 2025. “La salle du conseil municipal était pleine à craquer. Les habitants de l’impasse avaient fait part d’un gros problème de sécurité routière, les gens descendaient trop vite et oubliaient la priorité à droite”. La municipalité propose alors d’implanter à l’intersection un cédez le passage, mais les riverains n’en veulent pas.

Le stop est alors privilégié. Et voté. “Tout a été fait en coconstruction, insiste celui qui est devenu président d’Ouest Aveyron communauté. Les gens ont voté pour à main levée”.

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Pour l’instant, le panneau en est à sa phase expérimentation. “Dans six mois, nous allons évaluer son intérêt”, lors de la réunion de quartier, cet été.

Selon l’élu, des contrôles routiers ont été réclamés auprès de la préfecture afin de vérifier que les automobilistes respectent le stop. En ce samedi 25 avril 2026, en tout cas, c’était au bon vouloir des conducteurs. Si certains s’arrêtent bien quelques secondes, d’autres ralentissent mais franchissent sans scrupule le marquage au sol.

Quelques mètres plus haut, on trouve également une impasse. Pour l’instant, pas de panneau stop. Mais qui sait ? Les riverains de l’impasse de la Sesteree vont peut-être faire des émules…

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