Les projets d’agrivoltaïsme mettent parfois des années à voir le jour. Et ils sont souvent à l’origine d’inquiétudes, comme dans le Volvestre, où les populations restent très vigilantes.
Les projets agrivoltaïques se multiplient au sud de Toulouse. De Muret au Volvestre, ces installations suscitent autant d’espoirs que de contestations au sein des communes concernées. Au sud-est de la commune de Muret, un projet d’envergure a vu le jour début 2025. Présentée comme une initiative innovante à proximité de la base de loisirs de Brioudes, la société Neoen envisageait d’y développer une ferme pédagogique accompagnée d’un parc de panneaux photovoltaïques sur 21 hectares. Ce projet agrivoltaïque suscitait à la fois curiosité et interrogations. Plus d’un an plus tard, malgré les ambitions affichées, le dossier est à l’arrêt. “Il a été retoqué par les communes d’Eaunes et de Muret, ainsi que par la chambre d’agriculture. Nous ne pouvons rien faire à ce stade”, explique Éric Maury, directeur de la communication de la ville de Muret.
Dans le sillage du parc de Brioudes, les projets agrivoltaïques se développent dans le Volvestre, avec des trajectoires contrastées selon les communes.
À Rieux-Volvestre, un aménagement de 27 hectares a finalement été abandonné, tout comme celui envisagé à Bax. À l’inverse, à Latrape, le dossier a été relancé lors d’une réunion tenue lundi 20 avril en mairie, en présence de la société Arkolia. Initialement prévu sur 50 hectares, le projet a cependant été revu à la baisse et couvrirait 37 hectares. Opposée à cette implantation, la municipalité a décidé de contraindre l’entreprise à présenter son projet devant une commission en septembre prochain.
“C’est une catastrophe écologique et environnementale, et tout cela pour une question d’argent, d’autant que le propriétaire habite à Biarritz et n’a aucune attache au village”, déplore Antoine Diaz, co-président de l’association Volvestre Survolté et habitant de Latrape.
27 hectares à Montesquieu
À Gensac-sur-Garonne, également concernée, la situation est pour l’heure figée. Romain Pons, membre de la même association et riverain du lieu-dit “Le Mort”, indique : “Nous n’avons plus aucune nouvelle depuis deux ans. Nous espérons qu’il en restera ainsi, mais l’inquiétude demeure, en raison de l’aubaine financière que ce type d’opération peut représenter”.
Plus au sud, à Montesquieu-Volvestre, une centrale agrivoltaïque portée par la société Nova France Energy a été validée et devrait s’étendre sur près de 27 hectares, selon Morvan Benoît, secrétaire de Volvestre Survolté. “Personne n’a réellement pris en compte ce qui se jouait, et c’est passé comme une lettre à la poste”, déplore-t-il. Dans l’ensemble, ces initiatives témoignent d’une dynamique territoriale croissante autour de l’agrivoltaïsme. Mais elles soulèvent toujours de nombreuses interrogations sur l’usage des terres agricoles et, aussi, sur la transformation des paysages.

