Samedi, Hubert Delpont, fondateur des Amis du Vieux Nérac, a donné une conférence sur la jeunesse de George Sand. Et l’historien place Pompiey et le château de Guillery comme lieu névralgique dans la transformation de la jeune épouse en une figure littéraire.
Est-ce à Pompiey que George Sand a fait ses débuts d’écrivain ? C’est en tout cas une hypothèse issue des recherches entreprises par Hubert Delpont. Cet historien, enseignant retraité, à l’origine de la création des Amis du Vieux Nérac, donnait une conférence le 25 avril dernier à Buzet ayant pour thème la vie d’Aurore Dupin, devenue plus tard George Sand. Une conférence organisée par l’association bibliothèque et culture pour tous de Buzet.
Des loups qui rôdent entre Casteljaloux et Guillery
Nous sommes en octobre 1825. Trois ans plus tôt, Aurore Dupin alors âgée de 18 ans, avait épousé le baron Casimir Dudevant, résidant au château de Guillery sur la commune de Pompiey. Déjà atteinte du “splee” comme on nommait la déprime à l’époque, son cadre de vie n’était pas fait pour améliorer son moral. Voici la description peu flatteuse qu’elle fait de son environnement : “Un pays fort laid, un désert affreux, une lande désolée couverte d’arbres liège, arbre le plus triste et le plus sombre… Son feuillage noirâtre ne change jamais… On fait des lieux sans rencontrer âme qui vive, on marche dans le sable jusqu’aux genoux.” Elle évoque aussi “les loups qui l’escortèrent de Casteljaloux à Guillery et qui rôdaient souvent autour du manoir, égorgeant les jeunes chiens et hurlant lugubrement sous les fenêtres”. Ambiance…
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Guillery n’avait toutefois pas que des mauvais côtés. Dans ses nombreuses lettres écrites (mais pour la plupart jamais envoyées) au jeune Aurélien de Sèze, elle évoque ses longues parties de chasse au cours desquelles elle se montrait une cavalière infatigable, ses joyeuses réceptions au château, ou ses visites chez les aristocrates locaux (dont le comte de Beaumont dans son nid d’aigle de Buzet). Selon Hubert Delpont, ces lettres consignées dans un carnet révélaient déjà les talents d’écrivain d’Aurore Dupin.
La découverte d’un carnet qui change tout
Un carnet “oublié” sur une table et “découvert” par le mari Casimir Dudevant confirmait ainsi l’idylle de la jeune femme avec Aurélien de Sèze. Il s’agit là, toujours d’après Hubert Delpont, d’une “transposition de la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. C’est un projet littéraire à l’évidence conscient et réfléchi. C’est le début de l’écrivaine. Aurore Dupin devient maintenant et ici à Guillery, la grande George Sand”, affirme-t-il.
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À la suite de cette conférence, Alain Paraillous a pris le relais en organisant la visite guidée du parc du château de Guillery en présence du propriétaire, Christophe d’Armancourt. Cet édifice a été construit fin XVIIIe siècle par François Dudevant, le père de Casimir. On y voit encore la porte qui, selon certains, a été rongée par les loups affamés. On y devine aussi l’ancienne route haussmannienne qui se dirigeait vers Casteljaloux.

George Sand serait revenue une dernière fois à Guillery en 1865 (par le train cette fois-ci), à l’occasion de la mort de son petit-fils. L’auteure de la Mare au Diable (1846), de La Petite Fadette (1849), est décédée en 1876 à Nohant-Vic, dans l’Indre.

