April 28, 2026

PORTRAIT. "On le prend avec nous pour boire un coup" : mascotte du Fenix Toulouse Handball, Pierre-Jean suit les joueurs jusqu’au bout de la nuit

l’essentiel
Supporter inconditionnel du Toulouse Métropole Basket et du Fenix Handball, Pierre-Jean Attane a tissé des liens particuliers avec plusieurs handballeurs du club toulousain. Il voue notamment une affection particulière pour son « chouchou », l’ailier gauche et capitaine Nemanja Ilic. Pour les joueurs, il est devenu source de motivation et même une mascotte : il les suit dans les troisièmes mi-temps. Portrait.

“Quand j’ai emménagé aux Minimes, mon père m’a dit que le Palais des sports n’était pas loin, alors j’ai décidé d’y aller pour voir un match du Fenix”, rembobine Pierre-Jean Attane. Depuis ? “Je n’en ai quasiment raté aucun”, rigole notre drôle de supporter. Abonné depuis plus de quinze ans, il fait aujourd’hui partie de ceux que tout le monde salue à chaque rencontre des Toulousains au Palais des sports. Et c’est la même chose au “petit” palais quand “son autre club de cœur”, le Toulouse Métropole Basket (Ligue féminine), y évolue. “J’ai de bons contacts avec tout le monde, mais plus encore avec la capitaine Margot de Freitas”, sourit celui qui, dix jours après sa naissance, il y a 42 ans à Toulouse, est devenu infirme moteur et cérébral. Depuis, il est contraint de se déplacer en fauteuil, sauf pour les petits trajets où il utilise une canne. “Il est toujours porte 4 et on a un rituel à chaque début d’échauffement en échangeant un signe de la main”, sourit Nemanja Ilic. “Lui, c’est mon chouchou, le meilleur joueur que j’ai vu”, s’extasie Pierre-Jean en évoquant le capitaine du Fenix, arrivé de sa Serbie natale en 2013. “Il est rapidement venu me voir, on a beaucoup échangé, et depuis c’est devenu une personne de confiance. J’ai son maillot et sa chemise officielle que je mets à tous les matchs !”

“Quand il va arrêter, j’ai peur d’entrer en dépression”

“Je connais bien tous les joueurs, ils m’intègrent souvent à ce qu’ils font, on a déjà partagé des soirées en ville, mais c’est vrai que j’ai une relation particulière avec ‘Ike’ (le surnom du capitaine toulousain, NDLR). Franchement, le jour où il va arrêter, j’ai peur de faire une dépression”, se marre Pierre-Jean. À bientôt 36 ans, Ilic a déjà pris sa retraite internationale et la question se posera forcément dans les années à venir, “mais je vais faire en sorte qu’il reste dans l’entourage du club”, plaisante ce gestionnaire administratif au sein de la Région, plus spécifiquement chargé de l’orientation scolaire. “Il fait tellement de choses pour moi que, quand il joue, j’ai l’impression d’être sur le terrain”, lâche-t-il, ému. Une tendresse partagée. “Franchement, on aime tous bien passer du temps avec lui : c’est un mec qui a toujours le sourire, tout le temps de bonne humeur, qui a beaucoup d’humour. On le prend souvent avec nous boire un coup après les matchs pour fêter les victoires”, dévoile Ilic. Dans un monde où les sportifs de haut niveau sont d’ordinaire surtout enclins à se protéger, Pierre-Jean, au contraire, a eu la chance, lui, de vivre des moments rares et privilégiés : “Je me souviens qu’il m’avait dit que son rêve, c’était de marquer un but au Palais (des sports, NDLR), alors un jour, après un entraînement, on l’a mis au milieu du terrain sur son fauteuil et, à pleine vitesse, il s’est rapproché des cages pour marquer : il était tout content et nous aussi !”

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En guest star sur une vidéo du Fenix…

Ces souvenirs – “gravés pour toujours” – Pierre-Jean en a accumulé un certain nombre, aussi bien avec le Fenix qu’avec le TMB. “C’est un peu comme une famille pour moi”, dit-il à propos des deux clubs. Logique, finalement, qu’il ait donc été convié l’été dernier par le Fenix pour la traditionnelle photo de présentation des maillots, tournée place du Capitole. On l’y voit entouré des joueurs et des proches du club, “des étoiles plein les yeux”. “En plus du clin d’œil sur l’inclusion, qui fait partie des thématiques de notre fonds de dotation, on tenait vraiment à le faire participer, car c’est un fidèle du club”, explique Anthony Baquer, chargé de communication au Fenix : “On le côtoie régulièrement, il nous suit de près, comme il le fait avec le TMB. C’est un mec en or, super agréable. On essaie de lui rendre ce qu’il nous donne par sa passion.” “Cette vidéo, c’est un cadeau incroyable”, acquiesce l’intéressé. Et s’il préfère définitivement les sports de salle, ce dernier nous a quand même annoncé son objectif pour la saison prochaine : aller voir “trois matchs” des filles du TFC, qui viennent de valider leur accession en première division. Et agrandir la famille, peut-être bien…

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