April 27, 2026

"Le plein a coûté 160 euros" : sur le marché, les prix à la pompe font du mal aux producteurs et aux chineurs

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Les prix à la pompe impactent directement les marchands installés le vendredi au marché de Foix. Certains doivent remettre en question leur présence sur certaines villes, les ventes n’étant parfois pas rentables par rapport au coût du trajet.

Entre Marseillan et Foix, il y a 250 kilomètres. Cette route, Basile la fait tous les vendredis. La société d’ostréiculture qu’il fait vivre avec son père propose depuis maintenant 30 ans ses huîtres aux Fuxéens. Mais depuis un mois, le déplacement traditionnel a pris une autre saveur. “Le plein a coûté 160 euros”, glisse amèrement le marchand. Hors de question d’imaginer ne pas venir, le public ariégeois est conquis et attend chaque semaine la venue de leurs producteurs. “On ne répercute pas sur les prix, déjà que c’est compliqué pour les gens, mais si ça dure, ça va finir pas se faire ressentir”, craint Basile, couvert du ciel bleu par la Halle aux grains.

C’est une évidence, les prix à la pompe impactent négativement les producteurs derrière les stands du marché local. En plein milieu du bain de parfums culinaires, Guillaume partage le constat, et tient lui aussi ses prix. “Si ça devait durer jusqu’à septembre, il faudra faire répercuter sur les prix”, pense l’éleveur bovin.

Des producteurs venus de loin

Armand fait lui le trajet depuis Toulouse. Quatre-vingt-dix kilomètres à encaisser comme on avale une couleuvre. “Je fais aussi Saint-Girons, Espéraza. Je suis obligé de venir, mais le diesel a énormément augmenté”, déplore-t-il. Il ne le sent pas que sur le compte bancaire, mais aussi sur l’afflux de clients sous la halle. “L’année dernière, à Pâques, j’avais eu beaucoup de monde. Cette année, j’ai l’impression qu’ils avaient moins l’argent pour faire le trajet”, croit le traiteur.

De l’autre côté du Cours Gabriel Fauré, la seconde partie du marché souffre également, et peut-être un peu plus, des conséquences de la hausse des prix des carburants. C’est l’espace des chineurs, et des artisans spécialisés dans un autre cadre que celui de l’alimentation.

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“Quand il pleut, je ne viens pas”

Derrière ses bacs de vinyles, Franck Derriennic voudrait bien voir la jauge du niveau de carburant baisser moins vite. Le commerçant installé rue Labistour à Foix a démarré son activité de disquaire avec les marchés, à Saint-Girons ou encore Espéraza. “J’en fais des kilomètres, alors forcément, quand je passe à la pompe, je le sens”, confirme le propriétaire du “Gibus”. Son succès auprès des marchés lui permet de passer cette épreuve qui dure depuis plusieurs semaines. “J’arrive à tirer mon épingle du jeu”, constate-t-il.

À quelques stands de lui, un vendeur de livres choisit de réfléchir avant de décider de venir sur un marché. “Surtout celui de Foix, où il n’y a pas beaucoup de personnes. Quand il pleut, je ne viens pas”, explique-t-il. Pour Anne-Sophie, c’est une grande première. La fleuriste pose ses bouquets pour la première fois à Foix. “On est producteurs, donc on n’a pas le temps de faire beaucoup de marchés, alors je réfléchis bien avant de venir”, indique l’Audoise. Parmi tous les marchands, aucun ne prévoit d’augmenter ses prix, préférant absorber pour le moment. “Du moins pour l’instant”, précise l’un d’eux.

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