December 28, 2025

Colère des agriculteurs dans le Gers : "Pointer trois armes sur un agriculteur", un manifestant interpellé après des dégradations

l’essentiel
Dans la nuit de ce samedi 27 décembre, une action menée par des agriculteurs à Auch a entraîné des dégradations, l’intervention des forces de l’ordre et l’interpellation d’un conducteur de tracteur. Les réactions, notamment dans le monde agricole, sont particulièrement vives.

Une nouvelle action de manifestation menée par des agriculteurs s’est déroulée dans la nuit de ce samedi 27 à dimanche 28 décembre à Auch, donnant lieu à des dégradations et à une interpellation.

Aux alentours de 22h30, un tracteur équipé d’une épandeuse s’est positionné en travers de la chaussée à proximité de la place de Verdun. L’engin a aspergé la façade des locaux gersois de La Dépêche du Midi, provoquant des dégradations matérielles.

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Face à la situation, une unité de CRS, dont la présence avait été sollicitée en amont, est intervenue. Les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation du conducteur du tracteur après lui avoir ordonné de cesser son action et d’immobiliser son véhicule.

Le conducteur finalement interpellé

Selon la Préfecture du département, le conducteur aurait toutefois entamé une manœuvre en avançant vers les policiers malgré les injonctions. Cette situation a été jugée dangereuse. “Cette manœuvre dangereuse les oblige à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme. Le Directeur Départemental de la Police Nationale était sur place.”

Le conducteur a finalement stoppé son tracteur et coupé le moteur. Il a été placé en garde à vue peu avant 23 heures devait être auditionné dans la nuit. Le calme est rapidement revenu sur place. Les manifestants encore présents ont engagé le nettoyage de la façade du bâtiment concerné.

Dans un communiqué, Alain Castanier, préfet du Gers, a condamné fermement ces nouvelles dégradations et a appelé au maintien du calme. “La situation des agriculteurs aujourd’hui est très difficile, certains sont désespérés, ne gagnent que 200 ou 300 euros par mois en travaillant 60 heures. Je comprends et ne condamne pas les mobilisations où il n’y a pas de dégradations. En revanche, je condamne les dégradations, on ne peut pas les accepter, ni la casse. Jusqu’à ce vendredi, il n’y en a pas eu. Mais ce jour-là, les policiers ont essuyé des lancés de pétards et d’artifices, il y avait même des bouteilles en verre. Et dans la nuit de ce samedi, je comprends l’émotion suite à la mise en joue, ce n’est agréable pour personne.”

Des réactions très vives dans le monde agricole

Du côté des organisations agricoles, la Coordination rurale du Gers a exprimé une colère profonde, dénonçant un mal-être persistant du monde agricole. Le syndicat affirme que la mobilisation vise avant tout à alerter sur la situation dramatique des agriculteurs, évoquant des fêtes de fin d’année passées dehors et un avenir qu’il juge menacé pour l’agriculture française.

De son côté, Lionel Candelon, président Coordination Rurale de la Chambre d’agriculture du Gers, a vivement réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant l’usage des armes par les forces de l’ordre lors de l’intervention. Il conteste la version officielle évoquant une tentative de mise en danger de policiers et salue le sang-froid du conducteur interpellé ainsi que celui des manifestants présents.

“Ce (hier) soir, je me suis rendu à Auch en urgence où la pire des choses s’est produite, celle de pointer trois armes de police sur un agriculteur gersois en train de manifester simplement.
On tente de se justifier en disant qu’il aurait tenté d’écraser un policier, ou encore de foncer sur un véhicule de CRS, bref toutes les excuses seront bonnes pour tenter d’expliquer l’inexplicable. Trois fonctionnaires de police qui menace agriculteur avec leurs armes… Que sera la prochaine action de nos forces de l’ordre ? Mettront-ils un jour une balle en pleine tête d’un agriculteur ?”

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