Le Kényan Sabastian Sawe, 31 ans, a terminé le marathon de Londres en 1 h 59 min 30 sec., devant l’Ethiopien Yomif Kejelcha (1h59min41s), effaçant la marque établie par Kelvin Kiptum (2h 00 min 35 sec) en octobre 2023 à Chicago.
1 h 59 min 30 secondes pour parcourir 42,195 kilomètres. La barre mythique des deux heures a été franchie ce dimanche 26 avril au marathon de Londres par le Kényan Sabastian Sawe, 31 ans. Il a battu l’Ethiopien Yomif Kejelcha (1h59min41s), effaçant le précédent record de Kelvin Kiptum (2h 00 min 35 sec) en octobre 2023 à Chicago.
Une performance due à l’amélioration de l’entraînement et de la nutrition mais aussi à l’apport technologique des chaussures à plaque carbone et mousse ultralégère, qui ont révolutionné la discipline ces dernières années.
“Quand on voit la vitesse supersonique à laquelle Sawe termine, il faisait quand même 59 min 01 au deuxième semi-marathon. C’est 15 secondes plus vite que le record de France. Il fait 27 min 19 dans le dernier 10 km. Ce sont des allures quasiment médaillables sur des championnats du monde ou des Jeux olympiques”, a analysé Frédéric Fabiani, référent marathon à la Fédération française d’athlétisme (FFA).
Chaussures “magiques”
Sawe et Kejelcha portaient tous deux aux pieds un modèle de la marque Adidas, la Pro Evo 3, première chaussure sous les 100 grammes (97 g) avec une semelle épaisse de 39 mm. Prix de la paire : 500 dollars.
Si l’amélioration des méthodes d’entraînement, de récupération et de nutrition est primordiale, l’apparition en 2016 des chaussures aux semelles épaisses et équipées de lames de carbone a permis de réaliser des performances hors normes sur route.
La lame de carbone agit comme un ressort et peut contribuer à réduire la fatigue sur des longues distances. Couplée à la mousse, la plaque optimise l’effet d’amorti au sol et améliore le confort de l’athlète. Les études ont validé un gain en efficacité estimé à 4 %.
Après une série de records personnels en 2019 grâce à l’utilisation de ces chaussures “magiques”, la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) a un temps été dépassée par ce phénomène avant de légiférer en 2020 en fixant l’épaisseur maximale des semelles à 40 mm et interdisant d’y insérer plus d’une plaque d’un autre matériau (lame de carbone, plastique, etc).
Interrogations sur la performance de Sawe
La performance de Sabastian Sawe, encore inconnu en marathon il y a deux ans, a soulevé certaines interrogations alors que le Kenya est régulièrement pointé du doigt pour des problèmes de dopage, avec 140 athlètes suspendus depuis 2017 dont Ruth Chepngetich, recordwoman du monde du marathon.
“Il gagne deux grands marathons en 2h02 (Valence et Londres en 2025). Avec son chrono dimanche, c’est comme si Armand Duplantis (recordman du monde du saut à la perche à 6,31 m) battait son record de 12 centimètres d’un seul coup”, compare Jean-Claude Vollmer.
Le Kényan avance qu’il a fait preuve de transparence en mettant en place un programme, financé par son équipementier, avec l’Unité pour l’intégrité de l’athlétisme (AIU), qui a en charge la lutte antidopage, pour mettre en place de nombreux contrôles.

