Face à la flambée des prix de l’essence et du diesel, les Gersois adaptent leurs habitudes : pleins partiels, covoiturage, vélo ou mutualisation des trajets deviennent indispensables pour ne pas vider le porte-monnaie.
“Si j’avais fait le plein entier, j’en aurais eu pour plus de 130 € ! ” Cela faisait déjà quelques jours qu’Agathe devait aller à la pompe. Mais avec un prix proche de 2,30 € le litre de diesel, l’infirmière a attendu le plus longtemps possible, dans l’espoir de voir diminuer, même de quelques centimes, le montant affiché sur la borne. “Mais, là, je n’avais plus le choix”, soupire la jeune femme, qui n’a pas rempli son réservoir en entier. “C’est la fin du mois, je suis un peu juste…”
Comme Agathe, les Gersois sont nombreux à essayer de trouver des solutions contre la hausse du coût des carburants. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix de l’essence a augmenté d’une trentaine de centimes ; celui du gazole jusqu’à une soixantaine. Malgré les aides et les baisses annoncées, à la pompe, la situation reste compliquée pour les usagers, qui se tiennent informés via les réseaux sociaux, sur internet ou par le bouche à oreille.
Léonie, de Maravat, n’a, elle, pas d’autre choix que de prendre sa voiture, tous les jours, pour aller au travail, dans le Tarn-et-Garonne : “C’est 45 minutes de route environ…” Alors, lorsqu’elle passe devant une station, elle regarde attentivement les prix et essaye de s’arrêter à la moins chère. “Sinon, je ne fais pas le plein complet.” Et en dehors de ces trajets obligatoires, la jeune femme fait attention à ces déplacements : “Quand c’est possible, je regroupe. Et sinon je limite mes loisirs.”
Mutualiser et covoiturer
Autre solution adoptée par les Gersois : mutualiser certains déplacements. C’est le cas de Chloé*, maman de deux enfants de 6 et 9 ans. “Là, ce sont les vacances, donc on peut moins bouger. Mais sinon, pour les différentes activités, le foot et le dessin, on essaie de se regrouper avec d’autres parents, l’un qui fait l’aller et l’autre le retour, par exemple”.
D’autres se tournent aussi vers le covoiturage, parfois difficile au sein d’une même entreprise, lorsque les salariés n’ont pas les mêmes horaires. Du coup, Thierry, qui travaille dans une entreprise de la banlieue toulousaine, utilise le train, “mais le problème, c’est que certains voyages sont annulés. Quand je trouve, je prends aussi des covoiturages mais j’ai l’impression qu’ils se remplissent plus vite que d’habitude.”
En effet, depuis le début du conflit, BlaBlaCar a constaté une augmentation importante des usagers sur les longues mais aussi les courtes distances, appelées domicile-travail. Citée par France Info, la société constatait, “dès la semaine du 9 mars, 40 % d’inscription en plus. La semaine du 23 mars, c’était 70 % d’inscriptions en plus par rapport à avant la crise.”
Enfin, certains Gersois se tournent davantage vers les mobilités douces. Vélo, marche… “On a de la chance, il fait plutôt beau ces derniers temps, sourit Lucie, Auscitaine retraitée. J’essaie de prendre le moins possible la voiture et de faire le maximum de choses à pied.” Camille* a elle fait réparer son vélo dans un magasin d’équipement sportif, afin de privilégier le deux-roues, plutôt que la voiture. La question ne se pose pas pour Henriette : “Je n’ai pas de voiture, je suis tranquille !”

