Malgré les tentatives de l’éleveuse et la mobilisation de ses soutiens, le cheptel de Christelle Record a finalement été entièrement vacciné ce vendredi 17 avril 2026.
Ce vendredi 17 avril 2026, dès 6 heures du matin, la départementale 117 en direction de Baulou donnait l’impression d’être barricadée. Une tension palpable, alors qu’une dizaine de fourgonnettes de gendarmes mobiles convergeaient vers la ferme de Christelle Record, au Soulé, à Baulou, près de Foix.
Leur objectif : encadrer la vaccination d’office de son troupeau contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ; une mesure à laquelle l’éleveuse était opposée, mettant en avant l’immunité naturelle de ses bêtes. “Le fruit d’un travail sur plusieurs années”, explique l’agricultrice, qui a consigné ses observations dans un rapport de santé global resté sans effet auprès des autorités compétentes.
Une chaîne humaine pour bloquer le passage
Ainsi, ce 17 avril, l’accès à l’exploitation de Christelle Record était placé sous haute surveillance, afin de permettre aux services vétérinaires de procéder à la vaccination de l’ensemble de ses bêtes, une trentaine : vaches et veaux. Sur place, une cinquantaine de soutiens s’étaient réunis pour tenter de s’opposer à l’intervention des vétérinaires, formant même une chaîne humaine pour bloquer le passage, sous les yeux de quelques riverains “sidérés de voir autant de moyens déployés”, dira l’un d’entre eux.
La fin de la journée s’est conclue, aux alentours de 19 heures, sur la vaccination de l’ensemble de son cheptel, malgré la tentative de l’éleveuse de soustraire une partie de son troupeau en déplaçant ses vaches hors de l’exploitation. Un moment “extrêmement douloureux” pour l’éleveuse, qui a annoncé à l’issue des opérations qu’elle “décidait de mettre un coup d’arrêt à son activité”.
“Ils ont pu entrer chez moi parce qu’ils m’ont menacée”
“Vu la violence qu’il y a eue aujourd’hui, sur une seule personne, et les moyens qui ont été déployés, je ne vais pas renouveler ça, donc je n’ai pas cinquante issues : ou j’accepte, ou je change de métier, mon choix est fait. Cette journée a été tellement difficile, déchirante”, a-t-elle déclaré.
Des violences déclinées par l’éleveuse lors de sa prise de parole en début de soirée : “Ils ont pu entrer chez moi parce qu’ils m’ont menacée. J’y étais déjà habituée avec ma suspension d’activité, mais cette fois, les menaces ont aussi visé les personnes venues me soutenir aujourd’hui, avec des risques de sanctions et même une garde à vue me concernant. J’ai donc cédé, à contrecœur.”
“Je veux préserver les cheptels”
Interrogé sur la situation, Hervé Brabant, préfet de l’Ariège, estime que cette vaccination, appliquée “au titre de la loi”, était indispensable pour protéger les autres exploitations et justifie les menaces évoquées par le non-respect de la réglementation : “À un moment, tous les recours ont été épuisés. Cela fait plusieurs mois que nous échangeons avec Christelle Record. Je lui avais demandé un rapport, transmis au ministère de l’Agriculture, mais il ne présente pas de base scientifique.
Or, la vaccination est obligatoire. Les recours juridiques ont été rejetés, devant le tribunal administratif comme devant le JLD : la loi s’applique. Dès lors, toute opposition, notamment la dissimulation d’animaux en violation de l’arrêté d’interdiction de déplacement que j’ai pris, constitue une infraction. Là, on bascule dans le judiciaire. C’est le procureur qui prend la main.”
Et de conclure : “La vaccination, c’est fait pour protéger. Je veux préserver les cheptels et le mode d’élevage ariégeois. Parce que si la DNC s’installe partout ici, ce sera une vraie problématique”.

