La transhumance reliant, chaque printemps, Rocamadour à Luzech sur 70 km a été lancée ce mardi 14 avril sous le soleil. Plus de 300 brebis et des centaines de marcheurs étaient au départ de cette édition.
Chaque printemps, la transhumance entre Rocamadour et Luzech permet d’accompagner le passage du troupeau à travers les paysages du Quercy. Pour la première journée de cette édition 2026, qui se tient du 14 au 18 avril, le soleil était au rendez-vous au pied de la cité de Rocamadour, offrant une ambiance particulièrement conviviale à cette journée de découverte et de valorisation du pastoralisme.

À lire aussi :
“Cinq jours au rythme des brebis” : la transhumance annuelle reliant Rocamadour à Luzech, débute ce mardi
Aux alentours de 10 heures, avant l’arrivée des brebis, un rassemblement destiné à présenter le déroulement de la transhumance a permis aux participants de mieux comprendre les étapes de cette itinérance. Le président de l’association Transhumance en Quercy, Jean-Louis Issaly, était présent pour accueillir les marcheurs et visiteurs. Lancée il y a plus de vingt ans, la transhumance Rocamadour-Luzech s’inscrit aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable pour les passionnés de randonnée.
À lire aussi :
“Le plus compliqué à gérer ce n’est pas la solitude mais la météo” : qui est Fred, le berger de la transhumance Rocamadour-Luzech
Si le départ officiel était prévu à 10 heures, certains randonneurs motivés étaient présents dès 9 heures, pour lancer ces cinq jours de randonnée au rythme des brebis. Sur place, un stand gratuit proposait de nombreux documents pour mieux comprendre la transhumance, son organisation et les spécificités de l’élevage ovin sur les causses. L’occasion notamment de découvrir la brebis Caussenarde des Garrigues, race emblématique du territoire, reconnaissable grâce à ses marques noires autour des yeux, parfois surnommées “ses lunettes”. Selon la tradition locale, ces marques lui permettraient de mieux résister aux reflets du soleil sur les plateaux calcaires.

Le président du comité des fêtes de Séniergues, Bernard Boy, était au départ de cette première étape pour suivre le troupeau qui terminera la journée dans son village. Un moment qu’il suit depuis des années et, pour lui, ce qui change par rapport aux dernières éditions, c’est le temps : “C’est peut-être la première fois qu’il fait aussi beau pour le départ. Si on avait voulu ce temps-là, on n’y serait pas arrivés.”
Pour certains participants, cette marche est aussi une première expérience. C’est le cas de Jean-Marc, qui est venu découvrir l’événement pour la première fois. “Avec ce temps et quand on voit la beauté de notre paysage, c’est un véritable retour aux sources. Ça donne forcément envie. En plus, cette marche est accessible à tous.” Sur le terrain, la mobilisation des bénévoles a une nouvelle fois été essentielle pour assurer le bon déroulement de la journée.
Un berger expérimenté aux commandes du troupeau
Au départ, près de 300 brebis étaient réunies, avant que 150 autres ne rejoignent progressivement la marche au fil du trajet. En tête du troupeau, Fred Lestang, berger depuis 2003, guide les brebis avec deux Border-collies sur ce périple d’environ 70 kilomètres. Habitué de l’exercice, il participe à cette transhumance depuis quinze ans. “Ma première était dans le massif du Vercors. Là-bas, ça n’avait rien à voir puisque j’avais plus de 1 000 bêtes à surveiller. Ici, ça fait quinze ans que j’y participe et c’est toujours aussi génial”, explique-t-il, précisant que les brebis avancent en moyenne à un rythme d’environ cinq kilomètres par heure.

Au-delà de son aspect festif et patrimonial, la transhumance permet d’emmener les brebis pâturer sur des terrains menacés par l’embroussaillement, contribuant ainsi à limiter naturellement le risque d’incendie et à préserver les paysages ouverts caractéristiques des causses.

