November 29, 2025

Aurora Racing électrifie les circuits : une opportunité pour les écoles de pilotage avec des voitures à 30 000 € "économiquement rentables"

l’essentiel
Le “Made in France”, tout le monde en parle, mais à Tarbes, on le fait. La 2e édition du salon “Made in France”, c’est ce week-end, et ça vaut le détour, avec de nombreuses pépites, dont la société Aurora Racing, qui électrise des voitures de course.

À l’heure de la mondialisation effrénée, de la dominance de l’Empire du Milieu, le “Made in France” a-t-il encore du sens ? Plus que jamais ! Et ce n’est pas par esprit purement cocardier, mais parce que dans notre beau pays, nous avons quelques pépites. Parfois ignorées. Dans son discours d’ouverture, M. le préfet Jean Salomon l’a souligné : “Nous avons dans le département de très belles entreprises, parfois très connues, mais aussi des pépites, souvent méconnues. Ce salon est l’occasion de les découvrir.” Oui, et parmi ces pépites, il y a Aurora Racing. Comme son nom l’indique, on parle de course, automobile en l’occurrence, mais le concept est aussi novateur que très malin… À l’origine du projet, un jeune étudiant de l’Enit, Hugo Griera, fan de course automobile. “Je suis originaire de Font-Romeu, il y a une course de côte célèbre, j’étais fan depuis le plus jeune âge”, explique-t-il.

Des bolides électrifiés “proprement”

Mais le garçon voit plus loin. “Aujourd’hui, les contraintes liées au bruit empêchent de nombreux circuits automobiles d’ouvrir tous les jours, et les écoles de pilotage en pâtissent. C’est pour ça qu’on a eu l’idée de prendre des voitures de compétition, et de les équiper de moteurs électriques.” Fini le bruit, et surtout, ça permet de redonner aux voitures de course une nouvelle vie. “Les voitures de compétition, ça évolue très vite, elles ont des carrières assez courtes. Et ensuite, il est difficile de trouver des pièces, on s’est dit que c’était une opportunité de les “ressusciter” en quelque sorte.” Et le fin du fin, c’est que l’électrification, que l’on appelle le “rétrofit”, se fait à partir de pièces d’occasion. “On récupère, via une filière spécialisée, les batteries et les moteurs électriques de voitures accidentées, on les reconditionne avant de les installer.” Du vrai développement durable… Sans oublier les performances, puisque l’engin, une Formule France, ainsi électrifié, développe 270 CV pour un poids de 900 kg. Un bolide.

14 voitures en “précommande”

Du coup, le projet intéresse les écoles de pilotage. Il existe des fabricants de voitures électriques de compétition, leur tarif oscille entre 150 000 et 180 000 €. Mais Aurora Racing propose son opération à 30 000 €… “Pour les écoles de pilotage, c’est intéressant, elles ont déjà les voitures thermiques dont ils ne savent que faire. Économiquement, c’est très rentable pour elles. Que ce soit en termes d’investissement et surtout d’exploitation.” Pour l’heure, le projet est bien avancé, les premiers roulages vont avoir lieu dans les jours qui viennent. “Mais au banc, les relevés sont prometteurs”. Ensuite, il faudra passer le cap de la certification auprès de la FFSA (Fédération Française du Sport Automobile), afin de valider la voiture sur le plan de la sécurité. Après cette formalité, la petite entreprise créée par Hugo, fin 2024 alors qu’il est toujours étudiant, pourra décoller. “Nous l’espérons, et si on passe la certification, nous avons une précommande de 14 voitures, de la part d’une école de pilotage parisienne.” Des débuts plus que prometteurs, qui préfigurent un développement rapide de la petite entreprise. À toute vitesse ! Pour mémoire, d’autres pépites sont à découvrir lors du salon “Made in France”, jusqu’à dimanche soir au Parc des Expositions.

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