Nuit de galère pour les passagers d’un vol Paris-Castres. Déroutés vers Limoges, suite à un problème technique, ils ont été contraints de finir leur voyage en bus sur plus de 300 km pour arriver à l’aube, avec 8 heure de retard. Le tout sans explications de la compagnie. Aujourd’hui, beaucoup sont en colère. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce voyage peu commun.
Drôle de voyage pour les passagers du vol Paris-Castres, mardi dernier, à cause d’un problème technique. Et s’il y a eu plus de peur que de mal, ils en ont été quittes pour un peu d’angoisse et surtout un sacré délai, puisqu’ils sont arrivés à l’aéroport de Castres-Mazamet avec… huit heures de retard !
Un avion qui se transforme en bus
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Nicolas, un Castrais habitué de la ligne opérée par Chalair entre la cité tarnaise et la capitale, raconte : “On a décollé d’Orly vers 20 h 10. Tout se passait bien jusqu’au moment où on nous a annoncé un problème technique. L’avion commençait à descendre sur Castres et on nous explique qu’on se déroute sur Toulouse.” Rien d’exceptionnel : les conditions météo – le vent d’Autan notamment – entraînent plus ou moins régulièrement des changements de trajet, pour cause d’atterrissage compliqué sur le Causse. “On repart alors, poursuit Nicolas. Mais je trouvais que c’était long quand même pour arriver à Toulouse. On n’arrêtait pas de faire des ronds dans le ciel. Et au bout d’un moment, on nous annonce que finalement, on ne peut pas atterrir à Toulouse, mais que nous partons à Limoges !”
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Résultat, l’appareil atterrit en terre limousine sur le coup des 23 h 30. Un bus est mis à disposition des “naufragés”. Trois cent quinze kilomètres de nuit pour rejoindre l’aéroport de Castres. “Avec un arrêt à Montauban pour la pause. Et puis, le chauffeur s’est planté de route à un moment”, s’amuse Nicolas. Arrivée à 5 h 30 pour les passagers, qui, rappelons-le, ont décollé d’Orly à 20 h 10. “Le rapatriement s’est bien passé, concède Nicolas, et je comprends qu’un problème technique puisse arriver. Mais Chalair ne nous a rien communiqué, pas un mot, même depuis, pas un mail, rien pour nous expliquer ce qui s’est passé. Franchement, je me pose la question de partir depuis Toulouse la prochaine fois.”
Pour Nadia, la question ne se pose même pas : l’aéroport de Castres et Chalair, c’est terminé. “Ma maman, âgée, diabétique, était dans le vol. On a eu peur. Elle s’est retrouvée à Limoges, avec rien à manger, rien à boire… On a fait une réclamation auprès de Chalair, sans réponse. Je suis choquée, elle s’est retrouvée dans un bus et personne ne lui a demandé si elle allait bien, si elle avait un problème de santé…” Pour Nadia, qui a toujours été “attachée à cet aéroport”, c’est la goutte d’eau. “Elle s’est retrouvée à l’aéroport de Castres-Mazamet à 5 h 30, sans rien, on ne lui a même pas proposé de taxi… J’ai payé 250 euros l’aller-retour pour ça ? Aucune communication, je n’avais jamais vu ça !”

