En cette année 2026 désignée année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux par l’ONU, le Parc national des Pyrénées entend mettre en valeur le lien entre les modes d’élevages transhumants, les communautés, les écosystèmes et les cultures.
Déjà la transhumance avait cheminé pour sa reconnaissance, inscrite depuis 2023 au Patrimoine mondial de l’Unesco. Mais 2026 sera l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux selon l’ONU. Une mise en avant que ne pouvait occulter le Parc national des Pyrénées, comme il l’avait déjà fait l’an dernier autour du sort des glaciers. “Nous avons la volonté de promouvoir ce patrimoine culturel local, précise son président, Louis Armary. Les Pyrénées sont un lieu où le pastoralisme a toute sa place.” “Et l’on est dans notre rôle de donner de la visibilité à ce patrimoine qui contribue à la préservation de l’environnement et des paysages et témoigne d’une volonté de renforcer la biodiversité. Cet élevage transhumant s’inscrit dans l’économie durable” ajoute Andde Sainte-Marie, éleveur et vice-président du PNP.
Inventorier tous les itinéraires de transhumance
Concrètement, le Parc va initier six actions différentes autour du pastoralisme qui s’étaleront sur plusieurs années. “D’abord inventorier l’ensemble des itinéraires de transhumance, détaille Arnaud David, directeur-adjoint du Parc. On doit agir pour les protéger, s’il le faut les réhabiliter, documenter la valeur patrimoniale et culturelle de ces parcours empruntés par les bergers et les troupeaux. C’est un travail au long cours. Ensuite, nous allons nous associer à des recherches sur l’impact des transhumances et des estives sur le milieu naturel, comment cela contribue au maintien d’un équilibre. Ce sera le cadre du programme Persée mené par le CNRS. Il y a aussi le projet d’une estive école pour former les bergers et intégrer toutes ces dimensions. Nous allons aussi élaborer une stratégie de préservation du patrimoine transhumance, sur trois ans, avec les acteurs et des experts, comment on articule la préservation des patrimoines naturels et culturels. Il y a des équilibres à trouver, sur la prédation par exemple comme sur la ressource en eau. Il faudra travailler en ne niant pas les difficultés.”
Un système unique au monde
Autres axes de cette année, la formation des équipes du Parc à ces enjeux, une programmation de sensibilisation et d’animations riche avec des conférences, des visites accompagnées, mais aussi l’édition d’un livret plutôt grand public. “C’est un patrimoine ancestral grâce auquel ces montagnes sont entretenues et ne se referment pas. Mais il suffit de regarder notre conseil d’administration pour voir que les réalités culturelles et environnementales cohabitent” appuie Andde Sainte-Marie. “Le Parc accompagne et valorise ce patrimoine, en finançant des cabanes par exemple, appuie Christophe Cognet, chef de service. Ce pastoralisme des Pyrénénées n’est pas celui des autres montagnes. Ne serait-ce que par son système de gestion avec des commissions syndicales qui unique ou presque dans le monde. Derrière les transhumances, il y a une communauté pastorale qui la fait vivre.”

Une activité ancestrale mais moderne et adaptée aux enjeux d’aujourd’hui. “Le cheptel est stable en montagne depuis des années, même si la part de bovins augmente aux dépens des ovins. On a aussi davantage d’équins. La baisse du nombre de bergers s’est inversée à la faveur de l’encouragement aux mesures de gardiennage. Un métier qui s’est aussi féminisé.” Un patrimoine humain, culturel et environnemental qui sera donc mis en avant cette année mais cheminera durant plusieurs années, l’essence même de la vie d’estive. “C’est le départ de quelque chose” glisse Arnaud David. Qui est appelé à cheminer forcément…
Franck Bocher nouveau directeur du Parc
Depuis le départ de Mélina Roth qui assurait la direction du Parc national des Pyrénées depuis 2023, c’est Arnaud David qui assure l’intérim jusqu’au 1er mai. Date à laquelle Franck Bocher prendra ses fonctions de directeur du Parc. Il était jusqu’ici le directeur du lycée agricole Jean-Monet à Vic-en-Bigorre après avoir notamment travaillé à la Direction départementale des Territoires des Hautes-Pyrénées. Il a été maire pendant deux mandats de la commune de Ponson-Debat-Pouts, entre Béarn et Bigorre.

