La crise agricole touche à sa fin à Séméac. Après cinq mois de blocage, les agriculteurs de la Coordination rurale 65 vont entamer le retrait des déchets, malgré des tensions autour des indemnisations et des poursuites judiciaires.
C’est le dernier point noir, aussi impressionnant qu’embarrassant. Mais cinq mois après le début de la mobilisation face à la crise de la dermatose, le rond-point de Séméac est en passe d’être délesté des déchets agricoles qui l’occupent. Ce mardi matin, les agriculteurs de la CR65 doivent se lancer dans l’évacuation et le nettoyage de ces encombrants.
Le dénouement d’une crise au long cours, même si la Coordination rurale des Hautes-Pyrénées rappelle, dans un courrier adressé au préfet et au président du département, que “les manifestations n’ont rien apporté à l’ensemble des agriculteurs pyrénéens. Malgré cela, nous avons toujours été dans la volonté de participer. Nous chargerons et porterons les déchets sur le terrain que vous mettrez à notre disposition. Nous demandons également une participation de l’État pour le GNR de 400 € par jour et par tracteur et de 1 000 € par jour et par chargeur. Dans un moment ou les agriculteurs n’ont pas de trésoreries pour mettre en culture, ces derniers qui aiment profondément leur métier mais surtout qui ont le devoir de produire pour les citoyens Francais, se proposent pour contribuer au nettoyage. Qui ferait cela dans notre pays, alors que nos demandes sont ignorées !”
Un courrier où le syndicat réclame la levée des poursuites judiciaires auquel le préfet a répondu évoquant les différentes mesures prises, notamment sur la vaccination et le fonds d’urgence, et rappelant que “les déchets déversés provenaient de vos exploitations et avaient vocation à être déposés, à vos frais, dans des installations de traitement et non à être abandonnés dans l’espace public pour être pris en charge par le contribuable.” Quant à une éventuelle indemnisation, le préfet s’y oppose puisque les autres organisations syndicales ayant participé au nettoyage n’en ont pas obtenu, mais aussi “car il restera inférieur au coût réel de prise en charge des déchets et que le coût du GNR ne vous avait pas empêchés de sillonner le département en décembre 2025”.
Des échanges encore tendus qui devraient donc trouver une issue favorable avec le lancement des opérations de nettoyage par la CR 65 prévu ce mardi matin.

