Suite au rapport de synthèse du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) concernant la LGV Bordeaux-Toulouse, deux élus communistes des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie se sont donné rendez-vous à la gare d’Agen pour dire leur attachement à une solution entièrement publique.
“Nous voulons remettre sur les rails le projet LNSO”, lancent Alain Baché et Jean-Luc Gibelin en assumant le jeu de mots. Les deux élus communistes s’étaient donné rendez-vous devant la gare d’Agen ce mercredi 15 avril. L’un est président du groupe communiste, écologique et citoyen de Nouvelle-Aquitaine, l’autre est vice-président aux Transports d’Occitanie. Les deux régions défendent ardemment la réalisation de la LGV Bordeaux-Toulouse.
Leur déclaration intervient alors que le rapport de synthèse du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) a fuité sur Contexte, un site spécialisé dans les politiques publiques. Bien qu’il ne remette pas en cause son utilité pour pallier la saturation actuelle du réseau ferroviaire, le COI indique que la mise en service de la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse en 2032 paraît “particulièrement difficile à tenir”. L’échéance de 2035 lui semble “plus plausible”. Il note qu’une réévaluation du coût du projet de + 20 % environ semble “probable”. Il observe également que “la participation de l’État sera difficilement mobilisable à la hauteur et dans le cadre auxquels il s’était pourtant engagé”.
“Un partenariat public-privé serait une hérésie”
“À cela s’ajoutent des incertitudes lourdes sur le financement, avec un risque de dérive des coûts pouvant atteindre + 20 %, des recettes européennes non garanties et le refus de mobiliser certains leviers comme SNCF Réseau”, commentent MM. Baché et Gibelin. Ils considèrent donc “que l’État n’est pas au rendez-vous et apparaît aujourd’hui comme le maillon faible du projet”. Ils trouvent enfin que la piste d’un partenariat public-privé (PPP) est une “hérésie”.
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Et d’enfoncer le clou : “Pour ne pas avoir à payer maintenant, le gouvernement a mis dans le débat la question du PPP. Ce type de raisonnement, pris par des gens confortablement assis à Bercy, est scandaleux. Un PPP serait une fuite en avant dangereuse : le COI lui-même alerte sur les surcoûts induits par ces montages, qui feraient peser des milliards d’euros supplémentaires sur les finances publiques, tout en retardant la mise en service.”
MM. Baché et Gibelin plaident pour une solution entièrement publique. Les présidents de plusieurs régions, dont Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine) et Carole Delga (Occitanie), doivent rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre des Transports Philippe Tabarot le mardi 21 avril.
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L’enjeu du nombre d’arrêts à Agen
Pour garantir le temps de parcours attractif de la ligne LGV Bordeaux-Toulouse, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) préconise de limiter le nombre de trains s’arrêtant dans les nouvelles gares intermédiaires, à savoir celles d’Agen et Montauban. “L’opérateur SNCF prétend que les arrêts LGV dans les villes moyennes lui coûtent cher, donne comme exemple Angoulême et cible Agen et Montauban pour la ligne Bordeaux-Toulouse”, explique Henri Tandonnet.
Pour le cofondateur du club TGV Gare d’Agen dont l’objectif est de promouvoir la nouvelle gare à Brax, il faut voir dans le positionnement de la SNCF “un souci de faire partager cette charge avec les nouveaux opérateurs qui ne se positionnent que sur les trajets rentables”. “C’est pourquoi, dit-il, je soutiens depuis longtemps que le nombre d’arrêts sera lié au potentiel de la clientèle attachée à la gare et ma volonté est d’en faire une gare moyenne Garonne la plus accessible possible par route et rail sur le trajet direct avec l’arrêt le plus court possible”.
C’est ce que soulignait récemment Frédéric Péchavy, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Lot-et-Garonne (CCI 47) dans nos colonnes. “La SNCF veut une gare qui lui garantisse un périmètre d’influence”. Olivier Grima, nouveau président d’Agglo Agen, doit bientôt siéger au conseil de surveillance de LNSO. “Je suis convaincu depuis longtemps qu’il va falloir se battre pour obtenir un nombre d’arrêts suffisants sur Agen”, déclare-t-il.

