Un convoi de plusieurs dizaines de tracteurs s’est rendu à Auch dans la soirée du vendredi 21 novembre pour déposer des bottes de foin et des déchets devant plusieurs banques.
Ils avaient prévenu, ils sont passés à l’action. Quelques jours après avoir pris part à l’élection de leur nouveau président national, Bertrand Venteau, déjà sous le feu des critiques après ses paroles dirigées contre les écologistes, les agriculteurs de la Coordination rurale du Gers ont ressorti les tracteurs pour exprimer leur colère, ce vendredi à Auch.
Anciennement à la tête de la CR 32 et actuel président de la Chambre d’agriculture du Gers, Lionel Candelon-Bonnemaison avait annoncé la couleur en début de semaine : “En tant qu’agriculteur, j’irai remanifester. Nous devons ressortir nos tracteurs, de manière bien plus virulente que nous l’avons fait en 2024”, avait-il déclaré dans nos colonnes.

Son successeur Jérôme Courrèges a suivi le mouvement. Dans la soirée, aux alentours de 22 heures, une quarantaine de tracteurs et plus de 70 agriculteurs venus de tout le département (Vic-Fezensac, Condomois, Astarac…) se sont retrouvés sur le parking du supermarché Lidl, près du rond-point des Justes, pour entamer leur opération coup de poing en centre-ville. Leur cible prioritaire : les établissements bancaires. “On amène des bottes de foin et un peu de déchets devant les banques qui aujourd’hui ne nous suivent plus. On ne peut rien demander à nos banques, donc on va leur donner les intérêts”, a justifié le président du syndicat agricole gersois.
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En peu de temps, plusieurs “murailles” faites de paille, pneus et déchets ont été érigées devant différentes banques de la ville, obstruant l’entrée. Une action d’envergure déjà menée l’an dernier à Auch et dans d’autres communes du département (Vic-Fezensac, Plaisance, Riscle, Marciac…). Du côté des forces de l’ordre, un important dispositif avait été déployé en haute ville, avec notamment le renfort de plusieurs CRS.

Pour les agriculteurs de la CR 32, qui réclament “une année blanche” aux banques, cette première action coup de poing de l’automne en annonce peut-être d’autres. “Tant qu’on n’est pas écouté, on va taper, assure Jérôme Courrèges. Chaque semaine, on avancera. S’il faut arriver jusqu’à la préfecture pour se faire entendre, on ira à la préfecture. Jusque-là, on respectait Monsieur le préfet parce qu’il fait ce qu’il peut. Aujourd’hui, on n’y arrive plus, on crève.”

