Pendant que la justice argentine rouvre le dossier brûlant de la mort de Diego Maradona, son ancienne maison d’enfance se transforme en cantine populaire. À Villa Fiorito, le sanctuaire du “Pibe de Oro” est devenu le miroir d’un pays en crise, où la mémoire d’une idole se mêle désormais à l’urgence sociale.
À Villa Fiorito, ville de 50 000 habitants dans la banlieue pauvre de Buenos Aires, la maison où Diego Maradona a grandi n’abrite plus seulement le souvenir d’un mythe. Elle est devenue un refuge populaire où des bénévoles cuisinent chaque semaine pour des centaines d’habitants. Un basculement hautement symbolique, alors que l’Argentine continue de payer le prix social de la crise et que le pays replonge en parallèle dans l’affaire la plus sensible liée à l’icône : le nouveau procès autour de sa mort.
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“Je crois qu’il serait super content que ça se passe ici, là où il est né”
Chaque jeudi, des files se forment devant cette petite maison où Maradona a passé son enfance. Le lieu n’appartient plus à sa famille mais, sur la façade, une fresque rappelle l’aura quasi sacrée du footballeur. Maradona y apparaît sous les mots “The house of God” (“la maison de Dieu”). Sa maison est officiellement reconnue comme un site historique national depuis 2021. Autrement dit, l’Argentine a sanctuarisé la demeure de son plus grand héros populaire.
Son propriétaire a mis la cour à disposition d’un groupe de volontaires, qui y préparent des repas pour tout le quartier. “J’ai commencé à venir aux soupes populaires à partir du changement de gouvernement. Il y a davantage de pauvreté”, explique un habitant à l’AFP, pendant qu’une autre femme ajoute “Je crois qu’il serait super content que ça se passe ici, là où il est né”.
Le pasteur Leonardo Fabian Alvarez, qui pilote cette initiative, explique à Reuters que la demande alimentaire a augmenté après l’arrivée au pouvoir de Javier Milei. “Les gens ont évidemment perdu leur emploi”, ajoute-t-il avant de préciser que des usines locales avaient fermé.
La mort de la légende du football refait surface avec le procès pour “homicide par négligence”
Pendant que cette maison nourrit les vivants, la justice argentine rouvre le dossier de sa mort. Un nouveau procès s’est ouvert le 14 avril contre sept membres de son équipe médicale poursuivis pour “homicide par négligence”. Le dernier procès s’était effondré après un scandale impliquant une juge apparue dans un documentaire sur l’affaire, en violation des règles judiciaires. Cette fois, près de 100 témoins doivent être entendus.
L’accusation soutient que les soignants ont manqué à leurs obligations et que la prise en charge de Maradona, mort le 25 novembre 2020 après une crise cardiaque alors qu’il se remettait d’une opération au cerveau, a été gravement défaillante.

