La mort d’une chèvre à Auzat a relancé l’hypothèse d’une prédation par l’ours dans la vallée. Des poils retrouvés sur le site sont en cours d’analyse pour confirmer ou infirmer l’animal à son origine.
C’est une publication qui a fait couler un peu d’encre sur les réseaux sociaux ce 7 avril. Sur la page Facebook de l’association “ASPAP Ô montagnard, garde ta liberté”, plusieurs photos d’une chèvre, la tête renversée, puis le corps recouvert d’un drap. Plusieurs parties de la bête sont floutées et la légende suivante accompagne les clichés.
Après l’attaque d’un rucher par un ours à Aulus-les-Bains le 26 mars et l’apparition d’un autre sur les pistes de Guzet-Neige le 6 avril, la question s’est aussitôt posée dans le Vicdessos : est-ce qu’un ours était à l’origine de cette mort ? Ce jeudi 9 avril, la préfecture de l’Ariège indiquait que “les indices retrouvés confirment une prédation et des poils prélevés sur site sont en cours d’analyse”. Les services de l’État confirmaient par ailleurs que l’attaque s’était déroulée dans la nuit du 6 au 7 avril et que “les prédations sont fréquentes en cette saison”, qui correspond à la sortie d’hibernation.
Un protocole qui prévoit le “respect mutuel”
Pour le moment donc, pas de confirmation ou d’infirmation que la chèvre a été attaquée par un ours et il faudra attendre le résultat de ces analyses. “L’éleveuse a respecté le protocole, comme tous le font”, poursuit Olivier Tartaglino, directeur départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB). “Ensuite, on a pris rendez-vous, on s’est déplacé, et l’expertise s’est bien passée.” Un protocole cadré, qui prévoit “le respect mutuel” entre les protagonistes : “C’est un protocole qui a été établi par la préfecture pour établir un climat serein de travail”, abonde l’agent de l’OFB.
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Une fois sur place, l’expertise porte sur la dépouille, mais aussi sur l’environnement dans lequel elle a été découverte. “On essaye de comprendre ce qui a pu se passer, et pour cela, on regarde autour de la dépouille si on retrouve des indices nous permettant d’identifier éventuellement une quelconque espèce qui aurait pu être en lien avec le dommage”, appuie-t-il. Une fois la constatation et les traces éventuelles relevées, le dossier est instruit par la Direction départementale des territoires (DDT) pour identifier le responsable de l’attaque.
“On n’a pas de droit à l’erreur”
En attendant les résultats, les spéculations vont bon train à Auzat. “Ça lève des inquiétudes”, soupire Philippe Lacube, président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège. Ce qu’il souligne dans cette prédation, c’est surtout qu’elle s’est déroulée dans des hameaux “proche des habitations” : “On est à peine au début des mois d’avril et ça commence, avec cet animal-là, on n’a pas de droit à l’erreur”, lâche-t-il.
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“Cet animal”, “ils”… Le président de la Chambre ne cache pas qu’il pense à l’ours comme cause, écartant l’hypothèse de chien errant par exemple. “Ça fait peur, à la fois pour le côté pastoral, mais aussi à la fois pour le côté sécurité publique.” Alors, Philippe Lacube tient à rappeler leur engagement aux côtés des éleveurs avec ses collègues, Rémi Denjean et Elodie Amilhat entre autres : “C’est un dossier qu’on connaît bien, sur lequel on est très investi, évidemment. Au-delà de ça, on a aussi une technicienne de montagne à la chambre qui s’occupe d’appuyer et d’aider les éleveurs s’ils le souhaitent pour faire les constats de prédation avec l’OFB, par exemple.”

