April 12, 2026

Énergie : pourquoi Lecornu annonce la planification électrique de la France

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L’électrification du pays devient la priorité énergétique du gouvernement. Soutien doublé à 10 milliards d’euros par an, fin des chaudières à gaz et 50 000 véhicules électriques supplémentaires : la transition s’accélère.

Sous pression de l’opinion, inquiète de la dégradation de son pouvoir d’achat, et des oppositions qui l’accusaient de ne rien faire contre la spectaculaire hausse des prix des carburants, Sébastien Lecornu a fini par prendre la parole hier. Non pas pour annoncer la baisse des taxes sur les carburants, ni remettre au goût du jour les coûteux chèques du temps du Covid, mais pour dévoiler quelques mesures ciblées de court terme et, surtout, annoncer un plan au long cours d’électrification massive du pays, notamment dans les domaines du logement, des transports.

« La guerre au Moyen-Orient n’est pas la nôtre, et pourtant, elle nous affecte très directement. Heureusement, la France a un atout, une électricité produite sur son sol », d’origine principalement nucléaire, a fait valoir le Premier ministre dans son allocution enregistrée dans la cour de Matignon et destinée à « tirer les leçons » de la crise énergétique.

L’objectif du gouvernement est d’inverser d’ici 2030 notre consommation trop dépendante des énergies fossiles aujourd’hui coteuse en passant de 60 % de pétrole et de gaz dans la consommation finale d’énergie à 60 % d’énergie décarbonée, conformément à la Programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE) dévoilée le 13 février après des mois de retard. Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de travailler à une « deuxième version » de ce plan très attendu d’électrification qui sera présenté dans les « prochains jours », considérant qu’il ne va « pas assez loin ».

En attendant, le Premier ministre a donc dévoilé hier des premières mesures. Le gouvernement va « multiplier par deux » son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an en, par une réduction des dépenses énergétiques et une réorientation des « aides publiques » et privées (certificats d’économies d’énergie, CEE) vers l’électrification.

Fin des chaudières à gaz, accélération du leasing social

Première mesure très forte dans le secteur du logement, l’installation de chauffages au gaz sera interdite à partir de la « fin de cette année » dans les constructions neuves, y compris le logement collectif, et deux millions de logements sociaux ne seront plus chauffés au gaz d’ici à 2050.

Le gouvernement rappelle qu’il souhaite aussi installer chaque année un million de pompes à chaleur « fabriquées en France » d’ici à 2030, ce qui permettrait de diminuer « par deux » le coût du chauffage.

Pour les transports, le gouvernement va aider à financer, à partir de juin, 50 000 véhicules électriques supplémentaires à loyer modéré (leasing social, une promesse d’Emmanuel Macron) pour les « gros rouleurs » touchés par l’envolée des prix des carburants, comme les aides soignantes, les infirmières, les artisans qui utilisent beaucoup leur voiture pour leur travail. Une première enveloppe d’aides pour le leasing social de 50 000 véhicules électriques, mise en place en septembre, avait été entièrement consommée en janvier. Le gouvernement prévoit également des aides pour les véhicules utilitaires ou les poids lourds électriques des entreprises « pouvant aller jusqu’à 100 000 euros par véhicule ». « Tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres », et par conséquent « nous allons donc devoir changer d’échelle », a insisté Sébastien Lecornu.

Cette volonté d’électrification intervient après le plan de 240 M€ que veut déployer EDF et alors que RTE a redit dans ses derniers rapports qu’il fallait absolument accélération de l’électrification compte tenu de notre production électrique.

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