À Cahors (Lot), El Dorado Café s’apprête à ouvrir place Jean-Jacques Chapou. Derrière ce futur coffee shop, deux passionnés finalisent les travaux du projet d’une vie, soutenus par un financement participatif déjà bien engagé.
À Cahors, à deux pas de la cathédrale Saint-Étienne, l’agitation est encore palpable derrière la vitrine partiellement recouverte de journaux d’El Dorado Café. Entre outils, bruits de chantier et odeur de peinture fraîche, le futur coffee shop de spécialité entre dans sa dernière ligne droite. L’ouverture, espérée avant les vacances de Printemps, approche doucement. Et avec elle, l’aboutissement d’un projet profondément humain.
Dans un lieu chargé d’histoire, sous le patronage de la devanture du Bazar génois de “Gambetta Jeune…”, tout a été entièrement repensé. “Dans ce local, on a tout enlevé et on est repartis de zéro”, raconte Julien Baralis. Après près d’un mois et demi de travaux, le lieu a pris forme, la cuisine est montée et l’espace commence à ressembler à ce qu’ils imaginaient. “Aujourd’hui, même si ce n’est pas encore terminé, on commence vraiment à se projeter.”
Un déclic et une rencontre
Derrière ce projet, deux trajectoires que rien ne prédestinait à se croiser. Julien, 38 ans, ancien militaire devenu boucher, découvre le café presque par hasard lors d’un long voyage en Australie. Une scène, sur une plage, agit comme un déclic. “Il a vu quelqu’un préparer du café avec un petit véhicule aménagé… Ça l’a marqué”, se souvient sa compagne, Léa Dudicourt. De retour en France, il se forme, affine son goût et se lance.

Lubian Lopez, 34 ans, suit un chemin bien différent. Né en Colombie, au cœur d’une ferme de café, il grandit entouré de grains fraîchement récoltés. Pour lui, le café est une histoire de famille. Installé dans le Lot, le père de deux filles développe depuis plusieurs années une activité de torréfaction à Luzech, en lien direct avec des producteurs qu’il connaît personnellement.
Leur rencontre, il y a près d’un an, donne rapidement naissance à un projet original. “Le but, c’était de trouver une forme économiquement viable pour nous deux”, explique Lubian. Très vite, les deux hommes comprennent qu’ils sont complémentaires. L’un maîtrise la torréfaction, l’autre se passionne pour l’extraction et la relation avec les clients. Ensemble, ils imaginent un lieu à leur image : accessible, chaleureux, mais exigeant sur la qualité.
“C’est un café de dégustation”
Car El Dorado Café ne sera pas un simple coffee shop. Ici, le café se savoure, se raconte, se partage. “C’est un café de dégustation, pour passer un bon moment”, insiste Léa Dudicourt. Les grains, 100 % traçables, sont torréfiés localement et préparés selon différentes méthodes. “On développe les arômes naturels du café”, précise Julien Baralis.

À quelques jours de l’ouverture, les préparatifs s’accélèrent. Le style du lieu se dessine peu à peu, les tables et chaises doivent arriver, les machines restent à installer. Dans un coin, on imagine déjà les clients attablés, un café à la main. L’offre se précise aussi : chocolats chauds, pâtisseries, empanadas et petite restauration élaborée avec des traiteurs lotois.
“Il y a eu des dépenses imprévues”
Mais comme souvent dans ce type d’aventure, les imprévus ont jalonné le parcours. Entre démarches administratives, contraintes techniques et ajustements budgétaires, le projet a dû s’adapter. Avec un investissement global estimé à 50 000 euros, les deux camarades ont choisi de lancer un financement participatif pour finaliser l’aménagement.
Au 10 avril, 1 370 euros ont déjà été collectés sur les 3 000 espérés. “On était un peu justes. Il y a eu des dépenses imprévues”, reconnaît Lubian. Mais au-delà de l’aspect financier, cette campagne représente aussi un levier d’engagement. “On ne voulait pas juste demander de l’argent. On veut que les gens découvrent nos produits”, explique l’équipe.
Une manière d’impliquer dès maintenant une clientèle qui, pour certains, attend déjà l’ouverture avec impatience. Car El Dorado Café se veut avant tout un lieu de vie. Un espace où l’on prend le temps, où l’on échange, où l’on découvre. “Créer des moments simples, mais sincères, où chacun se sent à sa place”, résume Julien. Derrière la devanture, El Dorado Café prend forme, porté par une rencontre, deux parcours et une passion commune.

