April 11, 2026

Père de famille tué à coups de couteau en Aveyron : Bradley Fortunato Alves condamné à 22 ans de réclusion criminelle

l’essentiel
Bradley Fortunato Alvès, 26 ans, a été condamné par la cour d’assises de l’Aveyron, ce vendredi 10 avril, à une peine de 22 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Cédric Coutouly, en mars 2024, à Onet-le-Château. Il n’a pas été déclaré coupable de la tentative de meurtre sur Virginie Barrau, la compagne de la victime.

La sanction tombe comme un couperet. À l’issue de quatre journées d’audience tendues et de plus de quatre heures de délibéré, Bradley Fortunato Alvès, intérimaire de 26 ans, a été condamné, par la cour d’assises de l’Aveyron, à une peine de 22 ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de Cédric Coutouly. Une peine assortie d’une période de sûreté des deux tiers.

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Ce père de famille sans histoire, âgé de 46 ans, a été tué à coups de baïonnette, le 16 mars 2024, sur le parking d’un supermarché d’Onet-le-Château. Ce vendredi 10 avril 2026, les jurés n’ont pas déclaré coupable l’accusé de la tentative de meurtre sur Virginie Barrau, la veuve de Cédric Coutouly, dont le sein gauche a été transpercé par l’arme de l’assaillant. Une décision qui a provoqué la colère de la victime et de ses proches. “Justice honteuse !”, a-t-elle crié à l’issue du verdict.

Virginie Barrau, la veuve de Cédric Coutouly./DDM.
Virginie Barrau, la veuve de Cédric Coutouly./DDM.

Une condamnation largement inférieure aux réquisitions de l’avocat général, qui avait demandé 30 ans de réclusion. Il avait insisté sur l’horreur du crime et la dignité exemplaire des victimes.

Le 16 mars 2024, Cédric Coutouly, agent logistique à l’hôpital de Lavaur (Tarn), sa compagne Virginie et leur fils de 13 ans reviennent d’un séjour dans les Alpes. Sur le chemin du retour, cette famille domiciliée à Peyrole (Tarn) s’arrête pour faire des courses au Super U d’Onet-le-Château (Aveyron). Aux alentours de 19 heures, sur ce parking, un automobiliste, Bradley Fortunato, ivre et dépressif au volant de son fourgon blanc, s’en prend violemment à un piéton qu’il manque d’écraser.

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Virginie et Cédric Coutouly volent au secours de cette victime, Frédéric T. Choquée, Virginie veut appeler la police. Décision qui agit comme un détonateur chez cet homme à la dérive, qui vient d’ingurgiter un litre de bière et une bouteille de whisky. Puis Fortunato se rue sur cette famille, baïonnette au poing, et assène quatre coups de couteau à Cédric Coutouly, sous le regard effrayé de son fils de 13 ans, qui hurle : “papa, papa !”. Dans l’empoignade, Virginie Barrau est blessée.

Un crime gratuit, sans aucun mobile. Mais dont les réponses ont longtemps été puisées, par la défense, dans le passé traumatique de Fortunato Alvès. Un homme qui s’est construit sur les cendres d’une enfance déchirée par le divorce de ses parents et la mort violente de son père.

“Père tyrannique”

Originaire de la communauté des gens du voyage, évangéliste pratiquant, à l’enfance cabossée par un père alcoolique et violent, Bradley Fortunato vit sous le joug de cette figure paternelle toxique, abattue d’un coup de fusil par sa belle-sœur en 2016.

“À l’âge de 12 ans, son père l’oblige à boire de la vodka, il le jette contre sa caravane, contre un mur, comme un boulet de canon ! Après l’avoir tondu, il balance un couteau, qui lui sert à dépecer une bête, sur les jambes de son fils, dont la cicatrice est toujours visible”, assène Me Guillaume Raymond, l’un des deux avocats de la défense, avec Me Emmanuel Pons.

Les avocats de la défense, Mes Guillaume Raymond (à g.) et Emmanuel Pons./DDM
Les avocats de la défense, Mes Guillaume Raymond (à g.) et Emmanuel Pons./DDM

“Ce père tyrannique est le premier crime de ce dossier. Je ne plaide pas l’enfance difficile, mais l’enfance martyrisée !”, poursuit avec beaucoup d’humanité Me Raymond. Sur cette journée du 16 mars, le jeune pénaliste dresse le portrait d’un homme aux abois, éconduit par sa compagne, éloigné de ses deux enfants, mis à distance par ses proches. Une bombe à retardement qui explose, ce jour-là, par un trop-plein de stress, d’angoisses, de violence, trop longtemps contenus et non traités.

Début de soins

Des soins psychologiques et un traitement médical sont entamés en prison, depuis peu, par cet homme qui n’a jamais fui ses responsabilités. Tout en martelant n’avoir “aucun souvenir” du meurtre de Cédric Coutouly, en raison de sa forte alcoolisation. “Une amnésie utilitaire !”, fustige l’avocat général.

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“Ce dossier n’est pas celui d’un homme bourré qui va commettre l’irréparable à cause de l’alcool. C’est le procès d’une violence, d’un homme pris d’une rage et d’une colère alimentées par des souffrances du passé”, insiste pour la partie civile Me Alexandre Martin, aux côtés de Me David Cucullières, qui a porté la voix des sœurs et de la mère de Cédric Coutouly. “Je présente encore une fois mes excuses à la famille, déclare une dernière fois Bradley Fortunato. Même si elle ne les acceptera pas, c’est trop grave ce que j’ai fait, je mérite d’être puni.”

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