April 11, 2026

Autoroute A69 : un agriculteur poursuivi pour avoir hébergé sur ses terres un camp d’opposants pendant des semaines

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À Saïx, en pleine contestation du chantier de l’A69, un agriculteur de 47 ans s’est retrouvé devant le tribunal correctionnel de Castres. Accusé d’avoir laissé s’installer un campement d’opposants sur ses terres, il conteste toute responsabilité. Le parquet, lui, voit une infraction claire au droit de l’urbanisme.

Sur ses terres agricoles de Saïx, en plein cœur du tracé brûlant de l’A69, un agriculteur de 47 ans s’est retrouvé sous les projecteurs du tribunal correctionnel de Castres. Entre février et juillet 2024, ses parcelles auraient servi de base arrière à des opposants à l’autoroute Castres-Toulouse : tentes, caravanes, chapiteaux… et même une aire de stationnement improvisée.

À la barre, l’homme tente de dédramatiser. “Je n’avais pas l’intention de faire un camping… “, assure-t-il. Les voitures alignées ? “Quand il y a une fête, il faut bien que les gens se garent… c’était temporaire.” Et de se défendre : “Je ne suis pas propriétaire en plus.”

“L’infraction est caractérisée”

Une ligne de défense sèchement recadrée par le procureur. “Le fait qu’il ne soit pas propriétaire ne l’exonère pas”, assène-t-il. Pour le ministère public, pas de doute : l’agriculteur a joué un rôle clé. “C’est lui qui a permis l’installation des tentes et chapiteaux, il est un acteur direct de l’infraction.” Les éléments s’accumulent : photos aériennes, constats, installations en zones agricole et naturelle où le Plan local d’urbanisme bannit strictement campings et stationnements ouverts au public. “À partir du moment où c’est interdit et constaté, l’infraction est caractérisée”, tranche le procureur.

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Et ce n’est pas qu’un simple campement de passage. L’existence d’une aire de stationnement structurée renforce, selon l’accusation, l’idée d’une occupation organisée, en pleine montée des mobilisations contre l’A69.

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En face, la défense contre-attaque. Procédure contestée, clichés aériens jugés opaques, preuves insuffisantes : “Il n’y a pas d’élément démontrant qu’il a donné son autorisation”, plaide l’avocate, allant jusqu’à suggérer une affaire “pour embêter” un opposant au projet autoroutier.

Reste que le parquet, tout en maintenant la pression, tempère la sanction : 500 euros d’amende avec sursis. Une peine “pour rappeler la règle”, sans accabler un homme jusque-là inconnu de la justice. Le verdict est attendu le 6 mai.

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