January 8, 2026

Incendie de Crans-Montana : pourquoi les propriétaires du bar sont-ils toujours en liberté, ​​​​​​​malgré un risque de "destruction de preuves" ?

l’essentiel
L’enquête pénale sur l’incendie tragique de Crans-Montana suscite des interrogations. Malgré 40 décès, les propriétaires français restent libres, sans garde à vue.

L’enquête pénale ouverte en Suisse après l’incendie meurtrier survenu dans la station de Crans-Montana (Suisse), ayant causé le décès de 40 personnes et blessé 116 autres, alimente l’incompréhension et la colère chez les familles de victimes. En cause notamment : l’absence d’arrestation des deux propriétaires français, Jacques et Jessica Moretti, pourtant au cœur de la procédure.

À lire aussi :
DECRYPTAGE. Incendie de Crans-Montana : pourquoi des personnes ont continué de filmer le départ du feu plutôt que de fuir ?

Plusieurs observateurs s’interrogent désormais sur le maintien en liberté de ces derniers, initialement auditionnés comme témoins et désormais considérés comme prévenus. Pour Alain Macaluso, professeur de droit pénal à l’Université de Lausanne, plusieurs aspects de l’instruction interpellent. “Il y a des éléments surprenants, en particulier au début du dossier”, a-t-il expliqué à l’AFP ce mercredi 7 janvier.

À lire aussi :
TÉMOIGNAGES. Incendie à Crans-Montana : “Peu de gens auraient eu ce courage-là…” ces employés devenus héros dans la nuit du drame

Aucun risque de fuite ?

Le pénaliste s’étonne en premier lieu qu’aucune mesure de garde à vue ou de détention provisoire n’ait été prononcée. Or, souligne-t-il, “les premières heures sont cruciales pour préserver les preuves et éviter les risques de collusion”. Si la Suisse a une culture de la détention différente de la France, un autre point sensible est évoqué : l’absence apparente de perquisitions. Dans une affaire de cette ampleur, des recherches rapides, notamment aux domiciles des gérants, sont habituellement indispensables. “On ne peut pas se contenter d’attendre que des documents soient transmis spontanément”, insiste l’expert.

Des familles de victimes craignent une “destruction de preuves” de la part des propriétaires ou de “quelqu’un qui leur est proche” faute de perquisition ou de détention des intéressés, a indiqué leur avocat mercredi. “Mes mandants redoutent que des preuves soient altérées ou détruites vu l’absence de perquisitions et autres mesures incisives du ministère public” du canton du Valais, a déclaré à l’AFP Romain Jordan, qui conseille plusieurs familles.

À lire aussi :
Incendie de Crans-Montana : “Nous regrettons amèrement”, la commune admet un “manquement” aux contrôles périodiques du bar de 2020 à 2025

“Dans un drame de cette ampleur, la transparence et le respect strict des règles sont indispensables pour maintenir la confiance dans la justice […] Tout cela soulève des préoccupations sérieuses”, conclut le professeur. Une exigence partagée par les familles des victimes, toujours en attente de réponses. De leur côté, Jacques et Jessica Moretti ont assuré plus tôt dans la semaine qu’ils ne se “déroberont pas”. La justice justifie leur non-lieu de détention par l’inexistence d’un risque de fuite vers l’étranger. Jusqu’à quand ?

source

TAGS: