April 9, 2026

"Un manque à gagner pour tous" : A la veille de sa réouverture, le marché aux broutards de Rabastens encore pris dans l’étau de la crise de la DNC

l’essentiel
Après les vaches, c’est au tour des veaux, le cœur du marché du parc du Val d’Adour de rouvrir ce lundi. Mais plusieurs mois après la crise de la DNC, les restrictions administratives risquent de peser sur les transactions, ce dont s’alarment les acteurs.

Entre impatience, incertitudes et incompréhension. Ce lundi, quelques semaines après les vaches, le marché aux broutards de Rabastens de Bigorre doit rouvrir ses portes. Les transactions de veaux avaient cessé sur le parc du Val d’Adour depuis décembre et l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse qui a affecté principalement le piémont pyrénéen.

Mais si le cœur du marché de Rabastens s’apprête à battre de nouveau, la filière s’inquiète du cadre administratif qui risque de miner cette reprise. Aussi, les syndicats agricoles se sont joints à la présidente du marché, la maire de Rabastens, Véronique Thirault, et à l’ensemble des adhérents, pour interpeller le préfet et le ministère de l’Agriculture afin d’adapter les règles et de fusionner les zones vaccinales. À ce jour, la chaîne pyrénéenne est en effet divisée en deux zones distinctes : la ZV1 pour les Landes, une partie des Pyrénées-Atlantiques, du Gers et de la Haute-Garonne, et la ZV2 pour les Hautes-Pyrénées, l’Ariège, l’autre partie du 64, du 32 et du 31. “Les bovins de ces deux zones, vaccinés depuis des mois, sont exactement identiques du point de vue sanitaire, mais pas du point de vue administratif, ce qui entraîne l’interdiction d’accueillir des animaux de ces deux zones sur le marché, précise le courrier. C’est incompatible avec la réalité économique du marché, qui ne peut fonctionner en segmentant les apports. De même les acheteurs devraient faire rouler des camions différents pour les bovins de ZV1 et de ZV2 ce qui double la consommation de gazole à un moment où la profession est en crise. “

Seuls les veaux de la ZV2 lundi

Avant la tenue du marché, les autorités doivent être informées de la liste des animaux inscrits et de leur statut vaccinal et sanitaire, avant vendredi midi. Le début de la vente a même été retardé ce lundi afin de permettre au vétérinaire toujours présent sur le marché de réaliser un contrôle de l’ensemble des animaux, pour vérifier l’absence de nodules. “Cette contrainte entraîne mécaniquement une baisse significative du nombre d’animaux présentés, une fragilisation de la viabilité économique du marché mais aussi pour les éleveurs, poursuivent les responsables du Parc du Val d’Adour. Nous nous interrogeons sur la cohérence de ces décisions qui entraînent une dévalorisation des animaux issus des ZV1 et ZV2 par rapport à ceux de la zone indemne.” Aussi, face à ces incohérences, ils réclament la fusion de ces deux zones, en une unique, la ZV3, “pour rouvrir sereinement le marché, fluidifier les échanges, maintenir des cotations fiables et compétitives et alléger les contraintes administratives pour tous les acteurs.”

Jusqu’ici, la situation n’a pas évolué et faute d’une fusion des deux zones, la cohabitation des animaux des deux zones n’est pas possible sur le marché. Par conséquent, ne seront accueillis ce lundi matin que les veaux issus de la ZV2. “On peut de nouveau exporter mais tout est compliqué, regrette Pierre Bazet, directeur d’Elvea Pyrénées. Le marché des vaches avait bien repris, avec de bons prix. Mais là, on est dans le brouillard, alors que depuis la mise en place du marché à la criée en 2022, les prix des broutards ont plus que doublé. Là, dans ces conditions, on va perdre des apporteurs. C’est un manque à gagner pour nous et pour les éleveurs.”

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