April 9, 2026

"Le football féminin mérite du respect !" Menacées de disparition, les joueuses de Dijon s’en prennent à leur direction

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Les joueuses du DFCO, 5e de D1 Arkéma, ont appris dans la semaine que leurs dirigeants ne leur donnaient “aucune garantie” quant à la saison prochaine et leurs statuts de professionnelles. Elles ont répondu ce jeudi 9 avril avec un communiqué fustigeant l’irresponsabilité de leur direction.

Les clubs qui sacrifient les sections féminines en cas de difficultés financières : pour les joueuses désormais c’est non ! Les joueuses professionnelles du DFCO, le club de Dijon, ont appris ce lundi 6 avril que leur section pourrait abandonner le professionnalisme et être relégué à un échelon inférieur. En effet le club a publié un communiqué expliquant qu’il allait “repenser son modèle” et qu’il cherchait donc un repreneur pour son équipe féminine.

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“Aucune garantie ne peut être donnée quant au niveau de compétition des équipes pour la saison prochaine”, pouvait-on lire dans ce communiqué. Le DFCO figure pourtant à une intéressante 5e place en D1 Arkéma, la première division du football féminin français, qui fait partie des meilleurs championnats au monde. Si des discussions avec “deux potentiels repreneurs” sont en cours, le club dijonnais ne promet rien à ses joueuses.

Indignées, les joueuses se sont fendues d’un communiqué cinglant ce jeudi 9 avril. Intitulé “Indésirables depuis le premier jour”, cette déclaration commune à l’ensemble des joueuses fustige la décision du club. “20 ans d’engagement s’éteignent dans l’indifférence d’une direction absente”, écrivent-elles, pointant du doigt “une gestion confuse et désinvolte”.

“Diriger, c’est assumer, pas abandonner”

Elles regrettent que les dirigeants n’aient pas cherché un repreneur plus tôt et estiment que “la présidence a brisé toute reprise possible” en exigeant un montant bien trop élevé pour vendre la section féminine. “Apprendre la fin de notre section dans un communiqué flou plutôt que par un échange honnête est l’insulte finale”, poursuivent les joueuses qui évoquent une “incompréhension totale”.

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“Diriger, c’est assumer, pas abandonner. Nous jouons pour ce club. Il devrait se battre pour nous. Nous méritons du respect. Le football féminin mérite du respect. Aujourd’hui, vous décidez, nous subissons”, ont-elles conclu. Si une équipe si performante venait à ne pas trouver de repreneur ce serait un très mauvais signal pour le football féminin. Les joueuses du DFCO se livrent dans ce communiqué, qui pourrait peut-être aider à les visibiliser et faciliter la reprise de leur section.

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