Ce jeudi 9 avril sur la 4e étape du Tour du Pays Basque, dont il est leader, Paul Seixas s’est échappé dans la descente pour reprendre quelques précieuses secondes sur ses principaux concurrents. Il avait déjà impressionné deux jours plus tôt lors de sa victoire en solitaire. Tentative de décryptage de cette qualité méconnue du Français.
Encore un secteur où il impressionne. Paul Seixas, prodige du cyclisme mondial et plus grand espoir du cyclisme tricolore, domine de la tête et des épaules le Tour du Pays Basque et si cela pouvait être envisagé malgré la présence de grands noms comme Isaac Del Toro, Juan Ayuso, Florian Lipowitz ou encore Primoz Roglic, le Français a impressionné l’ensemble des suiveurs pour une raison bien particulière.
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Après sa victoire en contre-la-montre sur la première étape, son numéro dans la montée de San Miguel de Aralar, Seixas a encore pris du temps à tous ses concurrents… Dans la descente. L’image de l’un de ses virages, pris à très grande vitesse et avec une marge infime sur le côté de la route, a fait le tour des réseaux sociaux, certains s’empressant de le comparer à Marc Marquez, légende de la Moto GP.
Que ce soit Tadej dans le col c’est une chose mais c’est aussi Marc Márquez dans la descente, il y a pas une petite course pavée dans le coin pour qu’il s’échauffe sinon pic.twitter.com/nvuCv8NKSK
— Cycling Legend (@CyclingLegend_) April 7, 2026
Surtout, la précocité et le niveau de Seixas sont connus, mais il s’était jusqu’ici avant tout distingué dans les ascensions et l’exercice solitaire. Le coureur de la Decathlon-CMA CGM, âgé de 19 ans seulement, a semble-t-il encore beaucoup de qualités à démontrer. Celui qui finissait 8e du Critérium du Dauphiné et 3e du championnat d’Europe l’an passé, a visiblement encore passé un cap cette saison, avec déjà 4 victoires en World Tour, ses premières.
“Je n’ai jamais eu peur”
Mais si plus personne parmi les observateurs et au sein du peloton ne peut ignorer son potentiel, il est clair qu’il n’était pas attendu qu’il parvienne à continuer de creuser l’écart avec ses poursuivants dans cette descente puis sur la fin de la 2e étape de ce Tour du Pays Basque, censée désavantager un coureur esseulé. Il a accentué son avance d’une trentaine de secondes pour finalement coller 1 minute 25 à ses principaux poursuivants.
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“Avec l’adrénaline, j’allais vite, mais je n’ai jamais eu peur”, commentait sobrement le vainqueur à l’arrivée. Le maillot jaune de leader n’a pas quitté ses épaules depuis le départ, pourtant, il continue de vouloir courir de cette manière, avec le “panache” qu’il apprécie tant. “Je n’ai pas peur de prendre des risques”, allait-il même jusqu’à asséner, un brin bravache.
Un rapport “assez psychologique” à cet exercice particulier
Il semblerait pour autant que cette mentalité soit payante sur cette course par étapes. Ce jeudi 9 avril sur la 4e étape, il a récidivé et s’est échappé dans la descente, pour répondre aux attaques de ses concurrents. “Je connaissais la descente, je me suis dit que je pouvais tenter sachant qu’ils n’ont pas tous un excellent niveau en descente. J’ai réussi à faire le trou. Je m’en foutais de la gagne aujourd’hui, je voulais juste reprendre du temps pour leur mettre un petit coup au moral”, débriefait-il après cette bonne opération.
“Je n’ai pas pris de risques dans la descente, je connaissais la route grâce à une reconnaissance. Tout était calculé”, promet d’ailleurs le leader, qui n’en a pas moins une fois de plus impressionné les suiveurs. “Je me suis fait confiance, en ce moment j’ai un bon niveau en descente, c’est quand même assez psychologique, il y a des phases de l’année où je me sens mieux que d’autres et, sur cette course, je me sens vraiment à l’aise. Je savais qu’il n’y avait pas de pièges. Ça me permettait de mettre mes adversaires sous pression, au moins, et calmer un peu les ardeurs”, a-t-il analysé auprès de l’Équipe.
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Avec les abandons de Del Toro et Ayuso et Roglic, son premier poursuivant repoussé à 2 minutes et 19 secondes, le coureur Decathlon-CMA CGM semble en excellente voie pour s’adjuger sa première course par étapes en World Tour. Un succès qu’il a donc construit en contre-la-montre, dans les cols… Et en descente. Si certains en doutaient, Paul Seixas est bien un talent immense au potentiel qui semble presque illimité. Surtout, il affiche un profil complet, sans aucune faille apparente et avec plusieurs forces évidentes, qui a tant fait défaut au cyclisme français ces dernières années.

