Un nouveau glacier devait régaler les gourmands d’Albi depuis le 1er avril. Mais rue de l’Oulmet, les vitrines restent closes. En cause ? Un imbroglio kafkaïen entre le gérant, son fournisseur d’énergie et le distributeur d’électricité. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Devanture presque prête, affiches promettant une ouverture “en avril”, machines en partie installées : rue de l’Oulmet, tout laissait penser qu’un nouveau glacier allait rapidement accueillir ses premiers clients. Pourtant, derrière la vitrine, rien ne bouge. Florian Jaeglé, 52 ans, attend toujours de pouvoir lancer son activité.
Lorsqu’il récupère les clés du local début mars, un ancien commerce de chocolatier de 30 m², il est loin d’imaginer l’obstacle qui l’attend. Très vite, il découvre que le compteur électrique ne délivre que 6 kW. Une puissance largement insuffisante pour faire fonctionner simultanément ses équipements : congélateurs, frigos, climatisation. En clair, dès qu’il allume tout, le système saute.

Un casse-tête technique difficile à démêler
Pour simplifier, la puissance électrique fonctionne comme un débit : plus elle est élevée, plus on peut alimenter d’appareils en même temps. Florian Jaeglé demande donc une augmentation. On lui propose 12 ou 15 kW. Il opte pour 15, pensant régler le problème rapidement.
Mais la situation se complique. Entre les différents interlocuteurs, les réponses divergent. On lui parle alors de “triphasé” et de “monophasé”. Derrière ces termes, une réalité simple : le triphasé permet de mieux répartir l’électricité pour les activités professionnelles, là où le monophasé suffit pour un logement classique. Problème : personne ne semble d’accord sur l’installation existante dans le local.
Des réponses contradictoires et un projet bloqué
Commence alors une série d’appels et de démarches. Un conseiller affirme que le local est déjà en triphasé. Un autre soutient le contraire. “J’ai l’impression que tout le monde se renvoie la balle”, déplore le glacier. Malgré ces incertitudes, un rendez-vous est fixé pour intervenir.
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Le 2 avril, un technicien se déplace. Mais sur place, il constate qu’il n’y a pas de triphasé. Impossible donc de procéder comme prévu. Les travaux nécessaires sont plus importants et nécessitent des délais supplémentaires.
Pour le gérant, la situation devient absurde. “J’ai passé des heures au téléphone avec des réponses différentes à chaque fois”, confie-t-il, lassé. Pendant ce temps, le local reste fermé, les embauches prévues sont suspendues et le loyer continue de tomber.
Un week-end de Pâques manqué
Le coup le plus dur reste le timing. Florian Jaeglé comptait sur le week-end de Pâques pour lancer son activité. Mais il a dû regarder passer l’occasion. Les rues d’Albi étaient bondées, portées par une météo exceptionnelle, avec près de 30 degrés à l’ombre.
Des conditions idéales pour vendre des glaces. Un manque à gagner évident, qui laisse un goût amer. “Voir la ville pleine et ne pas pouvoir ouvrir, c’est frustrant”, lâche-t-il, écœuré par la situation. Aujourd’hui, il a accepté de revoir temporairement ses besoins à 12 kW, tout en sachant que cela limitera son activité. Une solution loin d’être satisfaisante.
Contacté par La Dépêche, Enedis confirme avoir connaissance du cas de Florian Jaeglé. L’entreprise explique : “C’est entre les mains de nos services. On fait le maximum pour aider ce monsieur, mais nous sommes dans nos délais. Il nous a contactés le 24 mars, on est venus le 2 avril, il fallait effectuer des travaux importants pour bien le raccorder. On va prendre contact avec lui rapidement pour essayer de l’aider”.

