April 8, 2026

"Refuser l’aveuglement, ce n’est pas être contre les stations" : Arnaud Diaz dénonce une "désinformation" et promet une rupture avec la gouvernance actuelle

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À l’approche de l’élection à la présidence de la CCHA, Arnaud Diaz accuse ses opposants de “désinformation” sur les stations de ski et critique une gouvernance jugée opaque. Le maire de L’Hospitalet-près-l’Andorre défend un changement de cap fondé sur plus de transparence et de pragmatisme.

À l’approche de l’élection à la présidence de la Communauté de communes de la Haute-Ariège (CCHA), la campagne monte en intensité. Le maire de L’Hospitalet-près-l’Andorre, Arnaud Diaz, sort du silence et hausse le ton.

Dans une prise de parole offensive, oscillant entre mise au point et critique frontale, le candidat s’en prend à la gestion actuelle et entend incarner une alternative claire à l’ère portée par le tandem Naudy-Marfaing.

Une “désinformation” dénoncée autour des stations de ski

Tout part d’une polémique locale. Arnaud Diaz affirme être la cible d’une campagne de “désinformation” visant à le présenter comme hostile aux stations de Goulier et de Mijanès. Selon lui, plusieurs maires lui auraient rapporté des propos du camp adverse lui prêtant l’intention de “fermer ces sites dès l’hiver 2026-2027”.

“C’est faux”, tranche-t-il, dénonçant une stratégie de déstabilisation. L’élu en profite pour préciser sa position : s’il récuse toute fermeture programmée, il appelle néanmoins à repenser les investissements à l’aune des réalités climatiques.

Le SMA, un outil encore en rodage

Dans le viseur du candidat figure également le Syndicat des Montagnes d’Ariège (SMA), créé en septembre 2025. Arnaud Diaz reconnaît un “super outil”, mais pointe déjà des dysfonctionnements : “Aujourd’hui, des pistes restent fermées alors que la neige est là, simplement parce que l’entretien n’est pas anticipé.”

Une critique qui intervient alors que la structure entame tout juste sa phase opérationnelle. La désignation récente de la Savasem comme délégataire pour quinze ans marque en effet le véritable point de départ de la gestion des domaines skiables. Avant cette étape, aucun arbitrage stratégique ou budgétaire n’avait encore été engagé.

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S’il accède à la présidence, Arnaud Diaz assure vouloir adopter une posture de vigilance : “Refuser l’aveuglement, ce n’est pas être contre les stations”, insiste-t-il, promettant de s’opposer à des “investissements massifs” qu’il jugerait déconnectés du contexte climatique.

Un vice-président en marge des décisions

Mais c’est surtout sur le terrain de la gouvernance que le candidat se montre le plus critique. Vice-président sortant de la CCHA, il décrit un fonctionnement interne opaque, où il aurait été relégué à un rôle secondaire.

Il évoque un système dominé par un “groupe majoritaire socialiste”, au sein duquel il n’aurait pas été intégré, étant perçu comme un opposant. “Je n’ai pas été associé à toutes les décisions”, affirme-t-il, allant jusqu’à dire qu’il découvrait certains dossiers majeurs, comme celui du SMA, au même titre qu’un simple conseiller communautaire.

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Selon lui, les réunions de vice-présidents se limitaient à des comptes rendus, tandis que les décisions se prenaient en amont, dans d’autres cercles.

Le Donezan, exemple d’un territoire à l’arrêt

Arnaud Diaz élargit ses critiques à la conduite des projets locaux, citant notamment celui des bains de Carcanière, dans le Donezan. Pour lui, ce dossier illustre un immobilisme préoccupant : “On promet, on reporte, on renvoie vers de nouveaux bureaux d’études… pendant que le territoire attend.”

 

Il propose de mettre fin à ce qu’il qualifie de “valse des experts” et de redonner la main aux élus. Sa méthode : réduire le recours aux cabinets extérieurs et privilégier des commissions de travail internes, jugées plus proches des réalités du terrain.

Une rupture revendiquée malgré un bilan partagé

Malgré ses critiques, Arnaud Diaz reconnaît avoir voté “la majorité des délibérations” durant son mandat. Il justifie ces choix par une volonté de construction collective, tout en rappelant ses désaccords sur certains sujets, comme la fiscalité ou la semaine de quatre jours.

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Rejetant toute “vocation tardive”, il oppose désormais un “changement clair” à la “continuité” incarnée par son adversaire Alain Marfaing. Le maire de L’Hospitalet-près-l’Andorre défend une gouvernance qu’il veut plus horizontale, fondée sur des appels à volontaires plutôt que sur des désignations venues du sommet.

Une promesse de “transparence totale” qui se veut en rupture avec ce qu’il décrit comme la “verticalité” du pouvoir actuel.

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