À Saint-Chamarand, au sud de Gourdon, se dresse un château atypique où la passion du jeu s’allie à la richesse du patrimoine. Marjolaine Lapascalie et Bruno Wagner, les propriétaires, poussent le concept jusqu’à l’immersion avec un nouveau séjour qui s’appuie sur le jeu de société “Hantise”.
Depuis plus d’un millénaire, cet édifice aux pierres claires accueille les festivités et le repos des visiteurs. Aujourd’hui, ce sont les jeux de société qui s’entremêlent avec le décor médiéval de ce château à l’entrée du village de Saint-Chamarand, en Bouriane. Animés par l’envie de réunir les curieux autour d’une passion commune, les propriétaires du gîte dévoilent leur nouveau concept en lien avec un jeu de société : “Hantise” édité par “Grrre Games”.
Dans un château hanté et plongé dans l’obscurité, des médiums, dont certains sont possédés, se rassemblent autour d’une table. Éclairés par leurs lumières de téléphone, accompagnés d’une musique de film d’horreur et entourés par les murs du château, ils doivent relever des défis dans toute la bâtisse pour “désenvoûter” les lieux. C’est le pitch d’”Hantise”, un jeu immersif qui a pleinement conquis Bruno Wagner, le châtelain : “Le seul point négatif qui ressortait sur le jeu, c’était l’immersion. Nous, nous avions le lieu idéal pour y jouer.”

Selon Marjolaine Lapascalie, l’expérience, le temps d’une soirée et d’une nuit, offre une alternative originale à la visite des lieux : “Un groupe arrive le vendredi soir, ne connaît pas du tout le château. Sa première découverte se fait par ce jeu, à travers des sessions d’exploration très courtes.” Si le domaine proposait déjà des “Murder Party”, un jeu long avec des énigmes, l’arrivée de ce nouveau format, plus rapide et qui peut se jouer en plusieurs manches, permet aux propriétaires de proposer une immersion originale et accessible. “L’idée, c’est de permettre aux gens de s’approprier ce lieu millénaire autrement que dans un musée où l’on n’ose pas toucher aux objets”, précise le couple.
Un château où le jeu est roi
Dans ce château, le jeu est roi, et ce n’est pas un hasard. Le couple, installé initialement à Montpellier, souhaitait trouver le lieu idéal pour rassembler leurs passions communes. À l’origine, ils cherchaient une maison pour s’installer dans le Lot et, en 2023, ils sont finalement tombés sur cet édifice : “On ne s’est pas levés un matin en se disant : “on va acheter un château.” Mais on a toujours aimé le Lot, on est amoureux du coin. On s’est dit qu’on essayait et que, si ça ne marchait pas, on arrêterait. À la base, on n’avait pas une âme de châtelain.”

Pour leur nouvelle vie, Bruno et Marjolaine ont choisi de se spécialiser dans les jeux de société : “L’objectif pour nous était d’avoir un lieu qui vit vraiment. Nous voulions favoriser le lien social, les échanges et le partage.” Une idée qui porte ses fruits et qui attire un public au profil varié, allant des familles aux entreprises, dans un domaine, l’hébergement touristique, qui se réinvente de plus en plus.
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“Aujourd’hui, louer juste une chambre ne suffit plus. Les gens cherchent à vivre un moment hors du temps, à déconnecter du quotidien”, explique le couple. Le défi réside aussi dans l’organisation, car l’édifice dicte sa propre temporalité, il ne faut pas se presser ou se laisser submerger : “Le château vous ramène au temps long. Il faut accepter de ne pas avoir de résultats rapides et prendre le temps de bien faire chaque petite chose”, confie Bruno Wagner.
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Un travail qui ne lasse pas les propriétaires, comme l’indique Marjolaine Lapascalie : “On apprend tous les jours ; depuis trois ans, on apprend au moins trois nouvelles choses par jour.” Une relation qui devient une véritable collaboration avec le château : “C’est un lieu qui a une âme, une histoire. On en vient presque à le considérer comme une personne. C’est curieux, mais on travaille avec lui.”

